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Acheter d'occasion, pratique toujours sobre ?

Publié par Philippe Lesaffre le - mis à jour à

Christin Hume (unplash)

Les achats de produits d'occasion progressent ces dernières années. La pandémie a accentué ce phénomène, qui touche de nombreux secteurs.

Promouvoir une économie plus circulaire, les Français y sont prêts. En tout cas, si l'on se fie aux études. La dernière en date, par exemple, celle de l'Adème (Les objets d'occasion : surconsommation ou sobriété ?, en collaboration avec l'université Paris Dauphine-PSL et le Crédoc), montre bien que plus de 8 citoyens sur 10 comprennent que le modèle extractiviste et productiviste n'est plus adapté dans un monde aux ressources limitées. 5 personnes interrogées sur 10 plaident pour un boom du réemploi, de la réparation pour éviter d'acheter toujours systématiquement neuf. 3 sur 10 disent même que le modèle dominant (toujours fabriquer et produire plus) est à changer en profondeur.

Entre 2009 et 2018, la proportion des Français qui achètent d'occasion est passée de 25 à 48 %. La raison : le boom de plateformes spécialisées comme Vinted. Le confinement, rappelle l'Adème, a accentué le phénomène de la vente en ligne de produits de seconde main. Le secteur de la mode est de plus en plus concerné, si nous prenons cet exemple.

Acheter d'occasion et surconsommer

D'après l'Adème, 54 % des personnes questionnées déclarent qu'acheter d'occasion est dorénavant « la norme ». 9 sur 10 sont de l'avis que c'est "une pratique bénéfique à l'environnement" (la fabrication de biens est une activité polluante), et agir de la sorte est presque une source de fierté, pour beaucoup. Car cela permet notamment de moins gaspiller... Et, pourquoi pas, c'est une manière de se procurer des biens de bonne qualité (ce serait trop cher si c'était neuf).

Naturellement, la motivation économique reste dominante. Logique. Acheter d'occasion, c'est, pour plus de 8 Français sur 10, une manière de dépenser moins ; Utile pour « s'offrir plus de loisirs ». L'étude le montre, beaucoup (6 personnes sur 10) se « promènent » sur les sites de vente sans projets précis d'achat. D'autres achètent car ils s'ennuient. Beaucoup, révèle le rapport, achètent tant neuf que d'occasion.

En clair : la présence de produits non neufs en quantité leur permet d'acheter tout simplement plus. Ce qui signifie qu'on n'est pas nécessairement dans une logique de... sobriété, de « moins ». Ce sont les mots employés par l'Adème. Qui conclut, dans un communiqué de presse datant de fin janvier 2023 : "Il y a un enjeu à faire progresser la part d'achats d'occasion dans les habitudes... tout en évitant la surconsommation. »