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«L’assurance est aussi concernée par les enjeux du développement durable»

02/11/2017

 

Frédérique Boulanger est responsable RSE et mécénat de Crédit Agricole Assurances. Elle revient pour Ekopo sur la politique RSE de Crédit Agricole Assurances et en donne des applications concrètes.  

 

Ekopo : Depuis quand êtes-vous à ce poste?

 

Frédérique Boulanger : Cela fait 7 ans que je suis à ce poste. Il s’agissait alors d’une création de poste. Le directeur général de Crédit Agricole Assurances souhaitait développer cette dimension de l’entreprise. Il était convaincu que ça pouvait être un facteur de création de valeur. L’assurance n’est pas un secteur qui est très en avance sur ces sujets-là, par rapport à des secteurs comme l’industrie. Les enjeux RSE n’ont pas d’adhérence immédiate avec les enjeux de l’assurance. Il y a donc un travail de pédagogie à faire pour expliquer en quoi l’assurance est aussi concernée par les enjeux du développement durable.

 

Ekopo : Quelles sont les grandes lignes de la politique RSE que vous menez?

 

F. B. : Nous avons consulté nos parties prenantes (consommateurs, journalistes, ONG, Caisses régionales…) et nous avons réalisé une matrice de matérialité, qui permet de visualiser quels sont les enjeux principaux selon deux critères: l’importance pour le business de l’entreprise et l’importance pour les parties prenantes. Nous en avons déduit trois axes stratégiques prioritaires. Premièrement bien sûr, notre offre, qui doit répondre aux enjeux de nos parties prenantes. Deuxièmement, un axe sur les investissements, puisque nous sommes un investisseur institutionnel important (269 Milliards d’encours gérés en 2016, 1er assureur en France en 2016). Enfin, un troisième axe employeur, où l’on retrouve toutes les thématiques RH (mixité, handicap, diversité), la culture RSE et une dimension de fonctionnement interne (politique achat, politique transport) car la transformation passe d’abord par nos salariés.

 

            Nous avons absolument voulu montrer à nos parties prenantes que nous avions compris où étaient nos priorités en matière de RSE et que nous voulions rentrer dans le métier. La RSE ne peut pas vivre à côté du métier, sinon la démarche ne peut pas être pérenne.

 

Ekopo : Concrètement, comment se matérialisent ces trois axes?

 

F. B. : Sur le pilier offre par exemple, nous avons travaillé avec les équipes marketing sur les aidants (1). C’est une thématique que nous avons beaucoup étudié dans le cadre du mécénat. Quand le produit dépendance (2) a été refondu, l’équipe RSE faisait partie du groupe de travail et nous y avons intégré un bouquet de services destiné aux aidants. Les aidants sont un rouage essentiel dans le maintien à domicile dont le rôle n’est guère reconnu par les pouvoirs publics.

 

            Nous avons également toute une gamme de produits destinés aux agriculteurs, pour les accompagner face au changement climatique. Tout d’abord, nous avons mis en place une assurance récolte. Il s’agit d’une aide versée aux agriculteurs afin de faire face à la diminution de revenu liée aux aléas climatiques. Nous avons également créé une assurance des prairies, qui est très innovante et permet de calculer la baisse de production des prairies mesurée par satellite grâce à un Indice de Production Fourragère. Ce contrat permet de verser un capital à l’éleveur dont les prairies subissent une baisse de production.

 

            Sur le pilier investissement, nous sommes soumis à l’article 173 de la loi de transition énergétique, qui oblige les investisseurs institutionnels à publier une politique ESG climat (pour Environnementale, Sociale et de Gouvernance). Aujourd’hui, nous ne nous contentons pas de regarder les résultats financiers de l’entreprise. Nous regardons également sa politique sociale, sa politique environnementale. Nous regardons comment elle est pilotée. Et nous retirons de notre portefeuille les entreprises qui ont une mauvaise note extra-financière. Évidemment, nous excluons également les entreprises qui ne respectent pas les normes internationales (exclusions normatives).  Nous investissons  dans des projets d’énergie renouvelable et dans des actifs immobiliers certifiés Haute Qualité Environnementale, BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) et LEED (Leadership in Energy and Environmental Design).

 

            Enfin, sur le pilier employeur, nous avons des objectifs en terme de mixité et de handicap. Nous avons également effectué un travail sur les aidants salariés de Crédit Agricole Assurances, car avec plus de 8 millions d’aidants en France, Crédit Agricole Assurances est conscient que cette problématique touche aussi ses propres salariés. Nous avons donc signé des accords spécifiques salariés aidants, leur permettant notamment un aménagement du temps de travail. De plus, ils peuvent bénéficier d’une bourse de RTT et d’un service d’accompagnement téléphonique gratuit et confidentiel.

 

Ekopo : Avez-vous des résultats chiffrés concernant ces trois piliers?

 

F. B. : Concernant le pilier offre, je citerai l’exemple de Pacifica, la filiale assurances dommages de Crédit Agricole Assurances, qui assure environ 1,2 million d’hectares de forêts. S’agissant du pilier investissement, le parc immobilier « vert » représente  46% du total des m2 investis par Crédit Agricole Assurances dans l’immobilier de bureau. Enfin, sur le pilier employeur, je citerai les quelques 300 jours de don de RTT (abondement de l’entreprise compris) réalisés dans le cadre des « Accords salariés aidants » (Chiffres fin 2016).

 

 

(1) Les aidants sont les personnes, notamment les parents, qui viennent en aide aux personnes en situation de fragilité comme les personnes âgées ou les enfants handicapés. Il y en a aujourd’hui environs 8 millions en France.

 

(2) Contrat d’assurance à destination de personnes en perte d’autonomie. L’offre s’articule autour d’un volet financier, de services d’assistances, d’informations et de prévention. 

 

 

 

 

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