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"Le développement durable est une opportunité plutôt qu'une contrainte"

09/11/2017

 

Fabrice Bonnifet a pour mission d’animer et de coordonner la démarche développement durable du Groupe Bouygues. Il est également Président du Collège des Directeurs du développement durable (C3D) et Administrateur de The Shift Project. Il nous parle des actions et résultats du groupe en matière d'économie positive.

 

 

EKOPO : Pouvez-vous nous décrire votre mission au sein de Bouygues ?

 

Fabrice Bonnifet : Avec les managers du groupe, cela fait désormais dix ans que je participe à l’évolution des modèles économiques des unités opérationnelles. Je pilote des projets transverses associés notamment à la stratégie : énergie & carbone, ville durable, achats responsables, économie circulaire et de la fonctionnalité... J'assure également le reporting extra-financier et le dialogue avec les parties prenantes du Groupe. En parallèle, j'anime la filière QSE/DD du Groupe et j'organise des séminaires d'auto-évaluations (EFQM/ISO 26000) et des formations à l'attention des managers sur le thème de la reconfiguration des systèmes de management pour tendre vers des modèles d’entreprises contributives.

 

EKOPO : Sur quoi repose la politique RSE du groupe Bouygues ?

 

F.B. : Le développement durable représente un levier stratégique et un axe de différenciation fort pour le groupe Bouygues, qui se positionne comme un apporteur de solutions durables innovantes. La responsabilité sociétale de Bouygues consiste à maîtriser et réduire l’impact lié à ses activités : préservation des écosystèmes, développement des territoires, prise en compte des parties prenantes, respect des collaborateurs, accessibilité des offres… Globalement, la direction du groupe a complètement intégré le fait le développement durable est une opportunité plutôt qu'une contrainte. Reste à trouver les bons modèles économiques.

 

EKOPO : Comment s'organise la gouvernance RSE chez Bouygues ?

 

F.B. : Les enjeux de la RSE sont pris en charge par l’ensemble des métiers au plus près de leurs activités. Le suivi et l’animation de ces actions sont portés au niveau de la société mère du Groupe : la direction centrale Développement durable – QSE anime plusieurs sujets transverses (Développement durable, QSE, Reporting extra-financier, Energie & Carbone, Achats et RSE). Le Groupe a réalisé une deuxième étude de matérialité, en 2016, afin d’identifier et de cartographier ses enjeux de développement durable prioritaires. Au total, 26 enjeux significatifs pour le Groupe ont été préalablement identifiés. Ils ont ensuite été hiérarchisés suite à la consultation de parties prenantes internes et externes.

 

EKOPO : Pouvez-vous nous détailler quelques actions RSE ?

 

F.B. : Parmi nos actions RSE, un tiers ont un modèle économique qui fonctionne, un tiers sont en développement, et un tiers sont au stade de la recherche. Parmi celles qui font leurs preuves d'un point de vue économique, il y a tout d'abord les bâtiments à énergie positive, lancés il y a cinq ans. Nous en comptons 25 actuellement. Et s'ils coûtent plus chers à bâtir, leurs charges sont moins importantes donc l'équilibre financier arrive vite. Par ailleurs, Citybox, notre lampadaire intelligent, connecté et multi-usage fonctionne aussi très bien en France et à l'étranger. Il se vend de plus en plus. Il combine plusieurs fonctions dans la ville : éclairage, vidéo surveillance, borne d'informations, accès internet, diffuseur de son, défibrillateur, horodatage, télépéage, recharge électrique... De plus, les espaces de co-working NextDoor, lancés il y a moins de deux ans, sont également un succès. Ce sont des espaces intelligents qui optimisent l'occupation de ces lieux de travail ouverts 24H/24 avec une efficacité énergétique liée à l'utilisateur et non au m2. En parallèle, ils favorisent les échanges et les rencontres entre professionnels en créant des opportunités d'affaires. Actuellement au nombre de 7, nous en compterons 80 d'ici à 2020.

 

EKOPO : Pouvez-vous nous donner deux exemples de tests en cours ?

 

F.B. : Nous travaillons actuellement sur un bâtiment hybride à économie positive (BHEP). Au lieu d'être un centre de coût, il sera un centre de profits. Et cela, grâce à l'optimisation des espaces de son bâtiment (géré par un community manager chargé de la sous-location) ou encore grâce au recyclage de ses matériaux en fin de vie (via la marketplace "Newlife"). Nous travaillons également sur des routes productrices d'énergie solaire à travers le programme "WhatWay".

 

EKOPO : Quel est le fil rouge de toutes vos actions RSE ?

 

F.B. : L'idée, pour toutes nos actions RSE, est de concevoir des infrastructures mutualisées et non plus spécialisées. Ces innovations de rupture s'inscrivent entièrement dans une logique d'économie circulaire et signent la fin de l'approche séquentielle.

 

 

 

 

 

 

 

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