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La ville du futur sera intelligente et responsable

22/01/2018

 

La ville durable repose sur un double challenge : favoriser le quotidien de ses habitants, tout en réduisant l’impact sur l’environnement. C’est pour cela que les cités travaillent sur les nouvelles manières de se déplacer, l’agriculture urbaine ou encore l'utilisation intelligente des données. La smart city devient un nouveau modèle de ville.

 

Les villes gagnent en densité. D’ici 2050, plus de 70 % de la population mondiale résidera en milieu urbain, d’après les estimations de l’ONU. Tous imaginent ainsi le futur de la cité : grands groupes, collectivités, start-up, architectes… Des solutions concrètes ont déjà émergé, notamment concernant la mobilité. Anor, une petite ville du Nord, a par exemple choisi d’équiper ses 175 habitants d’un boitier dédié à l'éco-conduite baptisé WeNow. Objectif : réduire les émissions de CO2 liées aux déplacements. Autre solution : le covoiturage. C’est que propose l’application Karos, et son service professionnel Karos Entreprises, lancé en 2017, qui rassemble 52 000 salariés dans 400 sites français. De son côté, Ecov déploie des stations connectées de covoiturage pour répondre aux problématiques de transport dans les zones péri-urbaines et zones rurales. La société a signé ses premiers contrats avec le Val d'Oise (95) et les Yvelines (78).

 

Karos et Ecov sont deux start-ups incubées chez Paris & Co. Pour Marie-Xavière Wauquiez, la responsable de la section « Rolling lab » de cet incubateur, il faut maintenant aller plus loin en se penchant sur les problématiques de logistique. « Dans la lutte contre la pollution atmosphérique et le changement climatique, de nombreux changements sont en cours, notamment grâce aux start-ups. En ce qui concerne la mobilité des personnes, de nombreuses de solutions efficaces ont en effet émergé. En revanche, pour la logistique, impossible encore de passer autrement que par la route. C’est peut-être l’un des enjeux de la mobilité de demain » estime-t-elle.

 

Ramener l'agriculture en ville

 

Imaginer la ville de demain équivaut donc à repenser l'espace réparti entre voitures, piétons et cyclistes. Cela suppose un réaménagement urbain, un projet sur lequel planche Paris depuis deux ans. La capitale a d’ores et déjà fermé à la circulation trois kilomètres de voies sur berge. Elle envisage également de revoir sept de ses places emblématiques (comme celle de la Bastille) pour remettre le piéton et le vélo au cœur de la ville, mais aussi végétaliser les lieux.

 

Et puis, dans un souci de favoriser les projets écologiques, la capitale souhaite valoriser l’agriculture urbaine. Son ambition ? Atteindre 100 hectares de toits et de murs végétalisés, dont 33 hectares dédiés à l’agriculture urbaine d’ici 2020. Pour cela, Paris lance chaque année une nouvelle saison de son appel à projets, les Parisculteurs. Lauréate de l’édition 2016, la start-up Aéromate a ainsi inauguré sa première ferme urbaine située sur les toits de la RATP dans le 12e arrondissement. Plus de 4 000 plantes aromatiques y poussent grâce à l'hydroponie, une technique de jardinage hors-sol où les plantes évoluent dans un mélange d’eau et de nutriments. L’histoire d’Aéromate est un bel exemple de collaboration entre une start-up, une collectivité et un grand groupe. Ce genre de partenariat est la base même de la smart city, véritable terrain de jeu de l’innovation.

 

Une ville plus intelligente

 

« Les villes ont des problématiques qui sont de plus en plus complexes. On ne parle plus d’appels d’offres mais d’appels à projets sur des sujets aussi variés que l’énergie, la logistique, la collecte des déchets et l’économie circulaire, les aménagements urbains, la mobilité… C’est pourquoi nous avons conçu un programme d’open innovation, DataCity, pour favoriser le travail entre différents partenaires », commente Emmanuel Léger, directeur de DataCity, proposé par l’incubateur Numa. L'objectif de DataCity est d'utiliser les données privées et publiques afin de proposer des solutions innovantes aux problématiques citadines. Issu de ce programme, Craft.ai est une start up spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui a conçu un système capable de récupérer l’ensemble des données des bennes à ordures pour optimiser le passage des camions-poubelles.

 

« L’objectif est d’être le plus pertinent possible sur les horaires de passage pour restituer l’information à des utilisateurs. On va formaliser quelque chose que l’on va apprendre, ici le passage des camions-poubelles. A partir de données collectées, notre système sera en mesure de proposer un prédictif, pour éviter que les bennes ne restent sur les trottoirs et pour faciliter le travail des concierges d’immeuble par exemple, développe Matthieu Boussard, ingénieur Recherche et Développement chez Craft.ai. La data, ce n’est plus de l’exploitation commerciale, mais du service aux usagers. ». Séduite, la ville de Dijon s’est fixée pour objectif de devenir "la première smart city française". Avec l’aide d’un consortium composé de Bouygues Energies et Services et Citelum, elle envisage la création d'un centre de pilotage unique pour connecter l'ensemble de ses services publics : gestion de l’éclairage, des services de voiries, de l’énergie, de la circulation, etc. Cette unité commune sera alimentée par les données provenant des équipements urbains connectés.

 

Attention à la liberté individuelle

 

Encore plus fou et ambitieux, le projet d’une Google City. Sidewalk Labs, filiale d'Alphabet, la maison mère de Google, vient d'être chargée de la rénovation de Quayside, un quartier portuaire de Toronto, au Canada. Certes les voitures seront bannies au profit des piétons et de transports autonomes, mais des capteurs et des caméras, nichés partout, mesureront les mouvements des personnes dans le but d'optimiser leur qualité de vie. Reste à échanger avec les citoyens locaux pour définir un agenda et surtout préciser la politique de gestion des données et d’utilisation des services connectés.

 

Car c’est peut-être là l’une des limites de la smart city au service de l'intérêt général : la liberté individuelle. « Un enjeu majeur des prochaines saisons de notre programme est de s’assurer que l’on touche bien tous les citoyens, confirme Emmanuel Léger (Numa). Ce qui est intéressant est que la smart city puisse changer le paradigme de gouvernance des villes et que les habitants jouent un rôle plus actif. » Etre une ville intelligente, oui, mais en accord avec les citoyens !

 

 

 

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