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Fini les smart cities, place aux smart territoires

23/05/2018

 

France Stratégie, organisme d'études et de prospectives œuvrant pour le Premier ministre et la FiRiP (Fédération des Industriels des Réseaux d'Initiative Publique) ont organisé un colloque le 22 mai dernier sur "les enjeux de politique nationale en termes de smart city" et sur "la déclinaison opérationnelle du concept smart dans tous les territoires", à la DILA (direction de l'information légale et administrative) à Paris.

 

L'encre ne cesse de couler au sujet des smart cities. Sauf que les services du Premier ministre tiennent à rappeler que les villes ne sont pas les seules concernées, mais bien l'ensemble des territoires, qu'ils soient reculés ou/et de taille réduite. Au carrefour des développements économique, durable et numérique, se trouverait donc la promesse de territoires dits "intelligents".

 

Oui mais voilà, entre rêve et réalité il y a parfois un trop grand écart. "Nous observons trop de logique de maîtrise d'ouvrages et pas assez de maîtrise des USAGES", insiste Luc Bélot, DG de Réalités Hub5 Innovation et grands projets urbains. Il rappelle qu'il faut se préoccuper davantage des usages quotidiens des habitants avant tout. Même constat pour Hugo Bevort, directeur des stratégies territoriales au CGET (Commissariat général à l'égalité des territoires) : "De trop nombreux projets de smart cities sont orientés fournisseurs sans se préoccuper des citoyens". Il soulève d'autres freins au développement opérationnel du concept de smart city : "De plus, tous les territoires sont loin d'être équipés en infrastructures numériques, ils ne sont pas assez soutenus politiquement et devraient être reliés aux territoires voisins pour d'impact".

 

Julien Vian, DG des services de la Communauté de communes Pays Haut Val d'Alzette, ne peut qu'approuver ce discours, lui qui expérimente la transition smart sur son territoire. Selon lui, il est également essentiel de "co-construire ce projet avec les habitants". L'objectif majeur reste le "mieux vivre ensemble" rappelle Etienne Dugas, président de la FiRiP.

 

Pour l'instant, seuls Lyon, Dijon et Nice ont pris de l'avance sur les questions de transition smart. D'autres territoires testent, réussissent certains projets comme celui de la smart mobility à Strasbourg, ou revoient leur copie comme le service de visio-rendez-vous dans les Hautes-Alpes qui cherchent encore ses usagers. "En période de finances publiques contraintes et de défiance envers les institutions, il est de notre devoir de ne lancer que des projets utiles, c'est-à-dire qui ont une rentabilité socio-économique", explique Julie de Brux, fondatrice du cabinet Citizing qui vient de publier l'étude "Smart City, gadget ou création de valeur collective" qui décortique cinq projets de smart territoires à la loupe, ainsi que leurs impacts socio-économiques chiffrés.

 

Par ailleurs, à l'heure du passage à la RGPD, les questions de sécurité des données des territoires connectés restent centrales. Aussi, Myriam Quéméner, avocat général auprès de la Cour d'appel de Paris, tient à le souligner, "en cas de cyberattaque, le maire n'est pas l'unique responsable. Il s'agit une multi-responsabilité partagée des acteurs publics et privés".

 

E-sécurité, mobilité, consommation d'énergie, gestion des déchets, services numériques, démocratie participative, financement de projets urbains : construire son smart territoire fait désormais l'objet d'un guide gratuit édité par la FiRiP et la Caisse des Dépôts.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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