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Le business case (étude de rentabilisation) est un outil de management qui vise à mesurer l’impact économique d’un projet, d’une stratégie ou d’une politique pour une organisation. Appliqué au marché mondial de l’enseignement supérieur en management, il prouve que les acteurs ayant mis en place des politiques de réduction des inégalités hommes-femmes dans la composition de leurs promotions d’étudiants ont tendance à être plus performants que les autres. Dans la pratique, les écoles de management actrices de la promotion de l’égalité des sexes récoltent en effet un certain nombre de bénéfices en termes financiers et d’image.

 

D’abord, ces écoles stimulent le taux d’insertion de leurs étudiants sur le marché du travail. Les employeurs soucieux de promouvoir et de protéger leur réputation vont avoir accès à une plus grande diversité dans les profils qu’ils recrutent. Ils amélioreront ainsi leur réputation, mais obtiendront aussi certains des avantages, en termes de performance, liés à une plus grande diversité.

 

Former aux questions d’égalité permet aux étudiants de perfectionner leurs capacités d’analyse prédictive. Song_about_summer/Shutterstock

 

Par ailleurs, les étudiants formés aux questions de genre et à leur impact sur les résultats individuels, organisationnels et sociétaux, vont être dotés d’une compétence entrepreneuriale primordiale pour l’analyse prédictive. Autrement dit, les diplômés qui apprécient à leur juste valeur l’impact des normes, des cultures et des postulats qui façonnent nos sociétés sont les mieux équipés pour transformer les organisations et le monde de demain.

 

Pressions extérieures

 

De la même manière, pour leur image, les écoles ainsi que leurs partenaires doivent prouver qu’elles remplissent leur obligation de diligence envers les étudiantes, en appliquant des politiques et pratiques efficaces de promotion de l’égalité, ainsi que de protection contre le harcèlement. Cela inclut de remettre en question les cultures et pratiques sexistes pernicieuses, tout en prouvant aux recrues femmes et au grand public qu’elles offrent un environnement de travail et d’étude accueillant et solidaire.

 

D’autre part, les grandes écoles de management sont l’objet de pressions fréquentes de la part d’agences d’accréditation internationales exigeant le respect de certaines normes. Les trois principales accréditations (AACSB, EQUIS et AMBA) mettent l’accent sur les responsabilités sociétales, dont l’égalité hommes-femmes fait partie. Cela comprend la publication de diverses statistiques et la mise en place de pratiques visant à soutenir les étudiantes et la faculté. À plus petite échelle, le programme Athena Swan a été largement adopté au sein de nombreuses universités britanniques. En France, une Charte pour l’égalité femmes-hommes a été signée par les grandes écoles en 2013.

 

De surcroît, le classement des écoles de commerce et de leurs programmes joue un rôle important dans la réputation de leurs certifications. Ces notations sont basées sur la qualité de la recherche et de l’enseignement entourant les diplômes, mais également sur la composition du personnel et des étudiants (dont l’équilibre hommes-femmes). Les récents classements de MBA ont démontré les avantages d’avoir des équipes de salariés et des populations étudiantes à parité ainsi que des initiatives telles que celles de Edinburgh Business School, Grenoble École de Management et University of South California.

 

Les classements MBA valorisent la diversité des promotions. Andrey_Popov/Shutterstock

 

Voies de progrès

 

Sous l’effet de ces pressions extérieures, en partie au moins, la formation supérieure commerciale a rapidement transformé le profil de ses promotions. Les hommes représentaient une écrasante majorité il y a 30 ans alors qu’ils sont minoritaires aujourd’hui. Une tendance que l’on ne retrouve pas dans d’autres formations : les établissements supérieurs de commerce ont fait plus de progrès que les cycles d’ingénieurs et STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques).

 

Malgré ces tendances, l’égalité hommes-femmes ne peut pas être considérée comme acquise. De récentes études ont par exemple révélé que les préoccupations relatives à l’égalité des sexes se manifestent dans des groupes d’élèves mixtes et non quand les étudiants sont majoritairement de l’un des deux sexes. Dans ce cas précis, la discrimination de genre réapparaît. Il est donc nécessaire de former les étudiants et les professeurs à la diversité de genre et à l’évitement de comportement discriminatoires inconscients en travail d’équipe.

 

 

Cet article a été traduit de l’anglais par Gaëlle Gormley et publié sur The Conversation le 7 mars 2019.

 

 

 

 

 

 

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