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Les chefs d'entreprises français plus responsables

 

Selon un récent sondage* réalisé par Harris Interactive pour Aesio et Le Mouves, les dirigeants d'entreprises français sont plus conscients de leurs responsabilités sociales et environnementales. De quoi bousculer - lentement mais sûrement - les modes de gouvernance et de management en place. Décryptage.

 

 

Le verdict est sans appel : ce sont désormais 9 dirigeants d’entreprise sur 10 qui estiment que les entreprises ont un rôle important à jouer dans la transition écologique et sociale, et même 52% un rôle très important. Ils considèrent ainsi avoir un rôle aussi, si ce n’est plus important, que les pouvoirs publics.

 

Ils se disent d’ailleurs motivés par des considérations d’ordre social et écologique. Ainsi 95% indiquent que le fait de développer un modèle d’entreprise où il fait bon travailler constitue un important facteur de motivation pour eux en tant que dirigeant, dont 66% y voient même un facteur très important. De même, une très large majorité déclare être animée par la volonté de créer des emplois (93%, dont 56% très important) et celle de développer une activité soucieuse de l’environnement (92%, dont 41% très important).

 

 

Gouvernance et management, un fonctionnement participatif à affermir

 

Aujourd’hui, une majorité des entreprises fonctionne encore selon un mode de décision impliquant surtout les actionnaires et/ou dirigeants (59%). Toutefois, 40% des dirigeants déclarent déjà que les différentes parties-prenantes, dont notamment les salariés, sont associées aux décisions. Dans la lignée de ce que prévoit la loi Pacte, 74% seraient d’ailleurs prêts à intégrer davantage les salariés dans les instances de direction (dont 30% tout à fait).

 

En matière de management, les dirigeants indiquent avant tout attendre de leurs managers qu’ils soient proches des membres de leur équipe mais aussi qu’ils les motivent et qu’ils communiquent avec eux, plus que de savoir déléguer ou d’être directifs. C’est donc plutôt un manager « coach » qui est attendu, ayant également des compétences organisationnelles.

 

 

La rémunération des salariés, des entreprises qui s’affichent comme vertueuses

 

Au sein des entreprises interrogées, 68% des dirigeants déclarent appliquer une échelle de rémunération qui vise à limiter les écarts entre les rémunérations les plus basses et celles les plus hautes. Et parmi ceux-ci, près d’un sur deux mentionne que cette échelle est publique, c’est-à-dire communiquée à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise.

 

Des entreprises prêtes à faire des efforts… mais pas forcément à y consacrer une part importante du chiffre d’affaires et à inscrire des raisons d’être sociales et écologiques dans leurs statuts dès aujourd’hui.

 

Les dirigeants d’entreprise affichent donc de bonnes dispositions et 88% d’entre eux se déclarent prêts à changer certaines pratiques dans leur entreprise pour une meilleure prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux, dont 43% certainement et 45% probablement. Ils sont surtout prêts à faire des efforts sur les salaires si leur entreprise fonctionne bien et sur les achats responsables. Mais ils se déclarent aussi très largement prêts à revoir leur fonctionnement pour favoriser la transition écologique, à privilégier un mode de management plus participatif, à investir sur leur territoire ou à intégrer plus les salariés dans les instances de décision (entre 74% et 85%).

 

Toutefois, notons que la proportion de dirigeants se déclarant certainement prêts à faire ces efforts ne dépasse jamais 35%. Signe qu’entre les bonnes dispositions affichées et la réalité dans les entreprises, un écart peut apparaître.

 

D’autant que des freins peuvent exister, notamment financiers : 48% déclarent qu’ils pourraient être freinés dans ce type d’évolutions en raison de manque de moyens financiers. Certes 88% des dirigeants se déclarent prêts à consacrer une partie de leur chiffre d’affaires à la conduite de ces changements, mais le plus souvent une part inférieure à 3% du CA.

 

La moitié des dirigeants déclarent avoir entendu parler de de la possibilité d’inscrire une « raison d’être » dans les statuts de l’entreprise dans le cadre de la loi Pacte, mais seul un quart voit bien ce dont il s’agit. Si cette disposition intéresse 66% des dirigeants, seuls 11% envisagent de le faire dès cette année, quand 43% peuvent envisager de le faire mais plus tard.

 

 

 

*Enquête réalisée en ligne et par téléphone du 12 au 21 décembre 2018. Échantillon représentatif de 200 dirigeants d’entreprise comptant au moins 10 salariés. Représentativité assurée grâce à la méthode des quotas sur les critères de taille d’entreprise et de secteur d’activité. Les plus grandes entreprises ont été sur-représentées dans l’échantillon de manière à pouvoir lire les résultats auprès de cette catégorie d’entreprises. Elles ont ensuite été remises à leur poids réel dans l’échantillon global pour le traitement des résultats, afin de garantir la représentativité des résultats d’ensemble. 

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