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Yorick Charveriat

La légitimité de certaines catégories de déplacements professionnels reste, bien sûr, au coeur des interrogations légitimes. Mais "gare aux fausses bonnes idées", met en garde Yorick Charveriat. "Certes, les visio-conférences évitent d'emprunter des moyens de transports polluants. Pour autant, rappelons que les usages numériques à haute dose et les sollicitations continues des data centers participent pour une part non négligeable au réchauffement climatique."

Arnaud de Lamezan, vice-président délégué aux nouvelles mobilités et aux achats responsables au sein de l'AFTM, souligne que "les déplacements professionnels sont un élément clé de la respiration des entreprises ". Au regard des nouveaux enjeux actuels, "va-t-on maintenant nuancer leur opportunité à l'aune des coûts sociaux et environnementaux qu'ils génèrent ?" s'interroge-t-il. L'heure est, selon lui, au déploiement d'actions à mener de façon collective, dans un schéma selon lequel les responsables du travel management jouent "un rôle d'interface entre les entreprises et leurs voyageurs, en impliquant également ces derniers dans une responsabilité sociétale du voyageur".

En termes de bonnes pratiques à envisager, l'AFTM préconise de cartographier les conséquences, dans le but d'identifier les leviers d'actions possibles. "Si le sujet des émissions polluantes est central pour les mobilités d'affaires durables, gardez à l'esprit qu'une démarche RSE a vocation à couvrir tous les impacts, même de manière progressive. Engagez une démarche RSE en commençant par les émissions de GES, en y ajoutant un sujet social-sociétal, comme la question de la prise en compte du handicap", conseille le rapport.

Une stratégie RSE de mobilités d'affaires donnant sa juste place au sujet de l'inclusion des personnes handicapées peut se concrétiser à deux niveaux. Il s'agit, d'une part, de faciliter le déplacement professionnel pour cette catégorie de collaborateurs et, d'autre part, de prêter attention au recours à des travailleurs qui sont en situation de handicap, lorsqu'on se tourne vers des prestataires du voyage d'affaires.

Plus globalement, il importe de défendre une vision positive et responsable du voyage d'affaires, en mettant l'accent sur les impacts positifs qui méritent d'être soulignés et encouragés, et en associant, dès le départ, les différentes parties prenantes à cette démarche.

Focus - Des reportings bientôt obligatoires ?

L'adoption de politiques RSE répond depuis 2015 à des exigences légales. Toutes les entreprises de plus en 500 salariés doivent établir et publier une fois tous les quatre ans un bilan d'émissions de gaz à effet de serre, comme le stipule la Loi de transition énergétique pour la croissance verte. Mais la prise en compte des activités de voyage d'affaires reste facultative.

La publication des résultats se fait sur le site de l'Ademe qui la rend ensuite accessible au public. Ce bilan doit comprendre trois volets : les émissions directes relatives aux processus de production de l'entreprise, concernant aussi bien les ressources fixes et mobiles en rapport avec cette production, les émissions indirectes associées à l'énergie utile pour la fabrication du produit ou service (électricité, chauffage, climatisation...), et enfin les émissions indirectes liées aux déplacements des salariés, mais aussi au fret, aux achats ou au recyclage des déchets. C'est ce troisième volet qui n'a pas à être évalué de façon obligatoire. Une tolérance qui pourrait évoluer rapidement compte tenu de l'importance des enjeux de la mobilité durable. Une sanction de 10 000 euros, voire de 20 000 euros s'il y a récidive, s'applique en cas de manquement relatif à ces reportings RSE.

 
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Mathieu Neu

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