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Méditerranée : territoire en danger et espoir à adapter

Publié par Shoona Woolley, journaliste le | Mis à jour le

Lors du Congrès National de la Nature à Marseille, début septembre, les scientifiques se sont focalisés notamment sur la Méditerranée. Zone littorale particulièrement exposée et affectée par le dérèglement climatique, la région méditerranéenne doit se transformer pour devenir durable.

A l'occasion du Congrès National de la nature par l'IUCN début septembre à Marseille, les experts du Plan Bleu qui est le centre d'activités régional du plan d'action pour la Méditerranée de l'ONU et ceux du MedECC (Experts méditerranéens sur le Changement Climatique et Environnemental) dressent un constat alarmant de l'état de l'environnement et du développement dans le bassin Méditerranéen.

Selon leur rapport respectif, les deux comités scientifiques et spécialistes prévoient que ce territoire devra faire face à de nombreux défis environnementaux, dans l'urgence. Certains chiffres présents dans ces rapports montrent l'ampleur des conséquences climatiques pour ce territoire : 15% des décès en Méditerranée sont attribuables à des facteurs environnementaux évitables, 228 000 personnes sont décédées en 2016 des suites d'une exposition à une pollution atmosphérique.

La mer Méditerranée est également impactée : niveau d'eau en augmentation de six centimètres en 20 ans, acidification des eaux et inondations plus régulières deviennent des phénomènes de plus en plus courants.

Transformer le bassin méditerranéen : les solutions envisagées

Le Rapport sur l'état de l'environnement et du développement (RED2020) identifie cinq leviers d'actions pour limiter les effets du dérèglement climatiques et tendre vers une certaine durabilité. Pour cela, il faudrait d'abord inciter et renforcer certaines capacités en éliminant progressivement les subventions néfastes pour l'environnement et soutenir les initiatives durables. Pour que la transformation s'opère et soit efficace, le RED2020 incite sur l'importance de la coopération intersectorielle, c'est-à-dire que chaque acteur de chaque secteur puisse tendre vers cette durabilité, sans attendre que cette voie soit donnée par les ministères de l'environnement.

Autre préconisation, celle de la prévention qui est souvent moins coûteuse et qui apporte de meilleurs résultats sociaux et environnementaux que les actions curatives. Le RED2020 incite également à investir dans des solutions tirées de la nature et dans des adaptations aux contraintes environnementales à venir, pour renforcer notre résilience. Enfin, l'application d'obligations légales doit, selon le rapport, venir promouvoir l'adoption de dispositions dans la loi pour concrétiser la responsabilité et l'action en justice en cas de non responsabilité climatique.

Autre rapport, intitulé MAR1 qui est le premier rapport environnement et climat focalisé sur la Méditerranée liste plusieurs solutions pour adapter les écosystèmes et les systèmes humains aux changements environnementaux dans le cadre d'une population croissante. En citant par exemple une gestion plus rigoureuse des ressources naturelles grâce à l'agroécologie qui permet de stocker plus de carbone dans les sols que les techniques classiques actuelles.

Le rapport insiste sur le potentiel territorial du bassin méditerranéen pour lutter et limiter les émissions de GES notamment grâce à une transition énergétique accélérée, impliquant une meilleure efficience énergétique et la réduction de l'utilisation des énergies émettrices de GES et le développement accéléré des énergies renouvelables.

D'ici 2040, la part des énergies renouvelables pourrait au moins tripler pour atteindre 13 à 27% dans les scénarios de transition actuels sur le territoire. Une coopération régionale accrue dans la production et la distribution de l'énergie est cruciale pour atténuer le changement climatique de manière efficace.


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