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Financiers d'entreprise, un raz de marée RSE vous attend !

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Financiers d'entreprise, un raz de marée RSE vous attend !

Un " raz de marée " attend la finance d'entreprise en matière de développement durable. C'est ce qui ressort du salon Produrable qui s'est tenu les 16 & 17 septembre à Paris. Intégrer les enjeux environnementaux et sociaux dans la stratégie des entreprises devient inévitable pour la DAF.

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" L'agenda ESG du CFO est de plus en plus important ", a lancé Laurent Vitsé, associate partner chez EY, en introduction de la conférence " Finance durable : comment mobiliser la fonction finance ? ", qu'il animait. Caroline Renoux, fondatrice du cabinet de recrutement spécialisé Birdeo, expliquait, elle, lors d'une conférence sur la pénurie de profils RSE : " cela fait moins d'un an que les Daf ont pris conscience de l'importance pour leur fonction des enjeux sociaux et environnementaux. Un véritable raz de marée les attend ! "

Toujours plus d'extra-financier

Aymeric Mongeaud, Daf du groupe Avril et Patrick Bourmaud, Daf de Loxam, ont abondé dans ce sens lors de la conférence EY. Tous deux ont indiqué que la pression vers toujours plus d'extra-financier est de plus en plus forte. Elle provient largement des investisseurs : leurs attentes sur les engagements pris par les sociétés en matière de changement climatique sont croissantes : " la notation des entreprises se fait de plus en plus sur des critères ESG, relève Patrick Bourmaud. Nous sommes de plus en plus souvent notés sur nos performances extra-financières ". Laurent Vitsé précise qu'aujourd'hui, 43 % de la décision d'investir repose sur des critères extra-financiers. A la clé, pour la Daf, des questionnaires ESG de plus en plus nombreux, et une collecte de données toujours plus pointues.

Une réglementation européenne contraignante

Le contexte réglementaire ajoute son lot de pression. D'abord régie par le législateur français (de 2001 à 2017), la règlementation RSE s'écrit désormais au niveau de l'Union Européenne. " Une véritable forêt normative est en train de nous tomber dessus ! ", sourit Aymeric Mongeaud. Les obligations de reporting sont de plus en plus précises, et concernent un nombre croissant d'entreprises. " Nous sommes rattrapés par un effet de taille ", poursuit le Daf du groupe Avril. En synthèse : depuis 2014, la directive NFRD (Non-Financial Reporting Directive) prévoyait des obligations de publication d'informations relatives à la protection de l'environnement, à la responsabilité sociale de l'entreprise ou encore à la diversité au sein du conseil d'administration. En 2021, le nouveau mot incontournable en matière de reporting extra-financier est devenu "taxonomie", un système de classification établi par l'Union Européenne pour identifier les activités économiques considérées comme durables. En application de cette directive, les sociétés vont devoir publier, à compter du 1er janvier 2022, la proportion de leur chiffre d'affaires et de leurs charges qui respecte la taxonomie et des indicateurs de durabilité. Pour cela, il va leur falloir identifier parmi leurs différentes activités économiques celles qui sont couvertes par la taxonomie, s'approprier les modalités de calculs des indicateurs et les critères techniques d'alignement, en adaptant, le cas échéant, leurs systèmes de collecte ou de production des données. Un défi de taille !

Le Daf, sustainable business partner

2023 verra l'application d'une nouvelle directive : la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Visant à harmoniser toujours plus les informations publiées sur la durabilité des entreprises, elle étendra l'obligation de reporting à un plus grand nombre d'entre elles : entreprises cotées (sauf les micro-entreprises) et entreprises dépassant au moins deux des trois seuils suivants, 20 M€ de bilan, 40 M€ de chiffre d'affaires ou 250 salariés. Il s'agira de rendre compte de la manière dont les questions de durabilité comme le changement climatique affectent leurs activités ainsi que l'impact de leurs activités sur l'environnement (suivant le principe de "double matérialité"), au moyen d'informations à la fois quantitatives, qualitatives, rétrospectives et tournées vers l'avenir. L'objectif ? " Créer un ensemble de règles qui, à terme, amènera la publication d'informations sur la durabilité au même niveau que la publication d'informations financières ", peut-on lire sur le site officiel de l'UE. Les premières normes devraient être établies au plus tard en octobre 2022. " Pas de doute : le monde des normes nous rattrape ! ", indique Patrick Bourmaud. Devenu, selon les mots de Laurent Vitsé, un "sustainable business partner", le Daf va devoir " en plus des trajectoires financières, communiquer des trajectoires carbone, et prêcher la bonne parole RSE dans toute l'entreprise pour éclairer les décisions des opérationnels. " Un changement de culture loin d'être évident.

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Voulez-vous devenir CVO ?

Les nouvelles dispositions et leur calendrier ambitieux - tout le monde a en tête l'échéance de 2023 ! - vont mettre les directions financières sous pression, et les obliger à se former massivement. Parmi d'autres formations spécialisées, l'école de management nantaise Audencia vient de créer une nouvelle formation intitulée "Chief Value Officer". Valérie Labouré Hirsch, DG finances et IT de Nestlé, fait partie de la première promotion, lancée début septembre. Elle explique ses motivations : " j'étais frustrée. Je voulais agir pour le développement durable et le long terme et je n'arrivais pas à les concilier avec les exigences du court terme ". D'une durée de 503 heures, cette formation enseigne, à partir de la comptabilité multi-capitaux (capital économique, mais également social et environnemental) comment " créer de la valeur de façon holistique, pour préparer les Daf au monde de demain ".

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