Le restaurant Le Présage teste l'énergie solaire à Aubagne


Depuis deux mois et jusqu'à la fin de l'été, un restaurant expérimental d'Aubagne (13) promet l'alimentation durable en prouvant qu'il est possible de bien cuisiner entièrement à l'énergie solaire.

Peut-on faire à manger avec du soleil ? C'est de cette interrogation qu'est née Le Présage, restaurant expérimental provençal qui du 4 mai au 30 septembre espère "montrer qu'on peut faire de la bonne nourriture avec une cuisine fonctionnant à l'énergie solaire", plaide Pierre-André Aubert, fondateur d'un projet chapeauté aujourd'hui par l'association Rêves Germés. Il y a huit ans, cet ingénieur aéronautique de 36 ans se reconvertit dans la cuisine. Puisque pour lui l'art culinaire ne peut être que local et de saison, il veut intégrer dans la production énergétique ces deux piliers fondateurs de l'alimentation durable qu'il prône.

"Comme rien n'existait, j'ai décidé de créer un système qui me permette de faire fonctionner la cuisine uniquement au solaire", explique-t-il. Grâce à l'invention d'un ingénieur allemand, un miroir de 8m2 concentre une lumière qui, grâce à un deuxième miroir, est renvoyé sur une plaque en fonte. En son centre, la chaleur atteint 450°, "donc quand j'ai besoin d'un feu plus doux, je n'ai qu'à déplacer la casserole sur les bords du fourneau", précise Pierre-André Aubert, un des deux employés à temps plein du Présage. Le restaurant est installé temporairement à Aubagne après un premier test de deux mois à l'automne 2016.

"On cherche l'abondance, pas l'autonomie"

Encore expérimental, Le Présage - ouvert le midi du mercredi au samedi et en soirée les vendredi et samedi - "est la vitrine de l'association", qui défend l'alimentation durable. En plus de l'établissement, Rêves Germés assure en effet des formations en cuisine de plante sauvages comestibles, en alimentation durable évidemment et organise également des randonnées cueillette. "Nous voulons aussi convaincre par l'exemple qu'il y a un intérêt du public et que le modèle économique est viable pour ensuite aller lever des fonds et construire un restaurant sur le même modèle, mais pérenne", confie Pierre-André Aubert.

Pour réussir ce deuxième pari, il faudra récolter entre 300 et 400 000 euros. Quid des aides des collectivités ? "On aura peut-être des fonds de la région mais notre volonté et de montrer avant de demander. Nous ce qu'on cherche ce n'est pas l'autonomie mais l'abondance. Il y a une réelle urgence à recréer de la nature", conclut le chef du Présage, qui revalorise ses déchets par le biogaz. Depuis le 4 mai, le "restau" tourne à 10 couverts de moyenne, "c'est moins que les 15-20 prévus", regrette Pierre-André Aubert.

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