Entreprises françaises : n°1 en Europe sur les objectifs de développement durable


Beaucoup d'entreprises intègrent les ODD dans leurs communications publiques… sans pour autant s'engager sur des objectifs concrets. La lutte contre le changement climatique est au cœur de leurs priorités. La France fait figure de chef de file en Europe.

Grâce à un environnement règlementaire mature et à une solide culture RSE, les entreprises françaises sont en pointe sur le reporting des objectifs de développement durable (ODD) au niveau européen, selon PWC. Il faut dire que la France introduisait dès 2002 une obligation de reporting. Obligation renforcée 10 ans plus tard avec l'arrivée de la loi Grenelle 2 en 2012. En 2015, l'article 173 de la loi de Transition Energétique, dont une partie cible le monde des investisseurs, et la transposition de la Directive Européenne sur la transparence extra-financière en 2017, ont complété l'arsenal législatif.

L'appel mondial lancé par l'Onu pour éradiquer la pauvreté et protéger la planète a-t-il été entendu par le monde de l'entreprise ? Oui, à en croire un rapport publié par PWC qui, près de deux ans après la création par l'organisation mondiale de 17 objectifs de développement durable, souligne la résonance forte prise par ce concept d'ODD chez les acteurs du privé. Ce rapport, qui analyse comment près de 500 entreprises dans 17 pays communiquent sur les actions qu'elles mènent sur ce terrain, permet ainsi d'apprendre que 62% des entreprises interrogées ont déjà intégré les ODD dans leur communication publique.

Un avantage pour les entreprises

Pas surprenant à en croire Emilie Bobin, directrice du département développement durable de PWC et responsable de l'étude. "Le seul fait de reconnaître les ODD comme 'grille de lecture' des enjeux RSE constitue un avantage pour les entreprises, sans considération de géographie ou de taille. C'est leur 'licence to operate'." Les entreprises qui auront contribué à ces objectifs étatiques du mieux vivre ensemble auront ce 'licence to operate', les autres seront, elles, vues comme des freins et sans doute pas acceptées.

Reste que si les entreprises se sont largement saisies des ODD, la formalisation d’engagements concrets est encore trop rarement effectuée et les entreprises se cantonnent le plus souvent à des objectifs généraux et peu quantifiés. Seules 28% d'entre elles ont mis en place des objectifs quantifiables, selon l'étude.

Mobilisation contre le réchauffement climatique

L’objectif le plus souvent mentionné par ces entreprises les plus matures en matière de reporting RSE concerne les mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques (l'ODD13). Elles sont ainsi 79% des entreprises ayant identifié des ODD prioritaires à avoir systématiquement retenu ce treizième ODD. Viennent ensuite deux autres axes majeurs : "un travail décent et une croissance économique" et "une consommation et production responsables". "Beaucoup des indicateurs faisant référence à ces objectifs sont d’ores et déjà inscrits dans le reporting des entreprises", note PWC. A noter que l'objectif le moins retenu par les entreprises est celui de la vie aquatique, avec seulement 18% d’entre elles l’ayant sélectionné comme une priorité.

La publication récente du rapport du HLEG (High Level Expert Group) fera peut-être évoluer les choses, en mettant en avant d’autres thématiques toutes aussi importantes que le changement climatique. "La biodiversité ou l'économie circulaire, comme en témoigne les feuilles de route du gouvernement français, sont des thématiques que les entreprises ont également en tête au moment de lancer un nouveau projet ou modifier un business model exister", illustre Emilie Bobin.

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