Une bière éco-responsable élaborée à partir d’invendus de pain bio

Louise Cartier, journaliste

Les bières Cocomiette et les boulangeries Moisan fêtent leur noce de coton. Un an de bière éco-responsable élaborée à partir d’invendus de pain bio du fournil Moisan.


Au total, 345 000 tonnes de pain, soit 10% de la production est perdue au moment de la distribution et chez le particulier (selon l'Ademe, 2017) . Le pain représente ainsi à lui seul 14% du gâchis alimentaire. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ; c’est ce qu’illustre parfaitement cette collaboration anti-gaspi. Locale, artisanale et engagée, la bière Cocomiette est fabriquée avec des miettes de pain bio issues des boulangeries parisiennes Moisan depuis un an.


Grâce à un circuit court, local et artisanal, les bières Cocomiette se sont d'abord installées en Isère en 2018. Invendus de pain local, brasseries iséroises et distributeurs régionaux : le projet éco-responsable met en lien différents acteurs dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Ce procédé de fabrication, plus respectueux de la nature, a rencontré un franc succès en Isère.


L’ambition de Charlotte et Amandine, les deux fondatrices et amies, a été de dupliquer rapidement ce principe de production en Ile-de-France pour le public parisien. Elles ont cherché ainsi à limiter l’impact carbone en évitant de transporter les bières et créer un écosystème fournil-brasserie-distributeurs. Cela fait maintenant un an, avec le fournil Moisan (94), que les invendus de pain ont pu être transformés en chapelure, afin d’être utilisés dans le cadre de la production des bières Cocomiette, toujours dans des brasseries locales en Ile-de France.


Nathalie Munsch, brasseuse expérimentée et engagée, élabore les recettes de Cocomiette. Elle témoigne : "J'ai été particulièrement enthousiasmée par Cocomiette pour plusieurs raisons. Historiquement bière et pain sont très liés, et dans une société de consommation où le gaspillage alimentaire atteint des proportions aberrantes, un projet visant à valoriser les invendus de pain en les transformant en bière méritait d'être soutenu !"