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Alexandre Caizergues, le champion du monde de kitesurf qui veut décarboner la marine marchande

Publié par STEPHANIE GALLO TRIOULEYRE le - mis à jour à
Alexandre Caizergues, le champion du monde de kitesurf qui veut décarboner la marine marchande

Syroco, start-up marseillaise menée par le multiple champion du monde de kitesurf Alexandre Caizergues, devrait annoncer prochainement une levée de fonds de plusieurs millions d'euros. Objectif : développer des solutions innovantes pour optimiser l'utilisation du vent dans le transport maritime.

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Ses qualités de sportif de haut-niveau ne sont plus à démontrer. Avec ses multiples titres de champion du monde et de recordman de vitesse, le palmarès haut-en-couleur du kitesurfeur parle pour lui. En 2010, il était même devenu le premier homme à franchir la vitesse des 100km/h sur l'eau avec un engin à voile. Mais c'est désormais sur un défi d'un autre genre qu'Alexandre Caizergues est mobilisé : un défi entrepreneurial mêlant performances sportives, innovations technologiques et transition écologique.

Avec sa start-up Syroco, créée en mai 2019, et son équipe de 12 salariés, il planche sur le développement d'un engin, un speedcraft innovant, avec lequel il vise un nouvel exploit : franchir avant les Jeux Olympiques 2024 la vitesse de 150 kilomètres/heure sur l'eau. La start-up en est pour le moment à l'étape prototype radiocommandé échelle 1/3.

« En 2012, je m'étais fait prendre mon record de vitesse par un voilier d'un nouveau genre piloté par un navigateur australien. Je savais qu'il me serait impossible de battre ce record en sécurité en kitesurf. Il fallait développer un nouvel engin... », raconte Alexandre Caizergues.


L'idée d'aller plus loin que son projet sportif personnel, de monter un plan plus ambitieux naît à l'occasion de rencontres dans le cadre du Galion Project, un collectif fédérant plus de 400 entrepreneurs de la tech.

Des innovations sportives pour faire évoluer les bateaux de demain

L'engin sur lequel planchent les ingénieurs de Syroco s'appuiera sur une voile aérienne et une aile sous-marine et n'avancera, bien entendu, qu'avec la force du vent. « A partir d'une certaine vitesse, le bateau sera propulsé au-dessus de l'eau », explique le dirigeant de Syroco. « Pour réussir, nous innovons, nous trouvons des solutions pour avancer sur l'eau grâce à la seule force du vent. Mon ambition est de mettre à profit ces avancées pour la planète. Je ne veux pas me cantonner à mon seul exploit sportif, je souhaite oeuvrer pour la transition écologique», sourit l'entrepreneur marseillais. L'ambition : adapter les technologies issues de la R&D menée pour cet engin pour verdir les navires de commerce.

Syroco a, par exemple, d'ores et déjà développé un logiciel permettant d'optimiser l'énergie éolienne. Avec, parmi ses premiers clients, le groupe CMA CGM. « Nous créons des jumeaux numériques de leurs bateaux (hydrodynamique et aérodynamique) afin d'identifier les solutions permettant de mieux utiliser la force du vent et de réduire ainsi les consommations de carburant. Avec en bout de ligne donc, une réduction des émissions de C02 », explique-t-il. Autre client de ce logiciel : le constructeur Piriou (Concarneau) pour la conception et le positionnement des foils. « Nous visons tout le secteur du transport maritime et transport de voyageurs, du chantier naval jusqu'à l'affréteur », poursuit Alexandre Caizergues.

Levée de fonds en cours

La start-up, qui avait déjà levé près de deux millions d'euros depuis sa création, est en train de clore une levée de fonds de « plusieurs millions d'euros ». Elle doit lui permettre d'accélérer son développement. « Nous générons déjà du chiffre d'affaires grâce aux ventes de notre logiciel, en mode SaaS, et nous encaissons des recettes de sponsoring. Nous espérons atteindre le seuil de rentabilité dans les prochaines années », espère-t-il.

Enthousiaste, le quadragénaire se dit heureux de cette reconversion entrepreneuriale. Lui qui, après avoir pratiqué un sport individuel pendant plus de 20 ans, doit désormais gouverner un collectif et emmener derrière lui toute une équipe mobilisée autour d'un double projet sportif et sociétal.

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