Hôtellerie : 1er bilan de l’affichage environnemental


67 établissements pilotes participent au projet qui vise à évaluer et à communiquer aux clients l’empreinte environnementale de la nuit qu’ils vont passer à l’hôtel... Tout en permettant aux hôteliers de réduire leurs coûts de fonctionnement.

Lancé l’an dernier dans le cadre de l’Année Internationale du Tourisme Durable pour le Développement, l’affichage environnemental dans les hôtels gagne du terrain. L’objectif de cette démarche, issue de la loi de transition énergétique pour la croissance verte, est de mobiliser, sur une période de trois ans, plus de 150 hôteliers volontaires afin qu’ils mettent en œuvre des actions pour réduire leur impact suite à l’obtention de leur étiquette environnementale. Depuis l’année dernière, 67 établissements ont adhéré au projet et 30 nouveaux hôtels devraient les rejoindre dans les prochains mois.

Ce dispositif vise à fournir aux consommateurs une information claire et fiable sur les impacts environnementaux des produits et services qui leur sont proposés. « Cinq secteurs sont concernés : l’habillement, l’ameublement, les produits alimentaires, les équipements électroniques et les hôtels », rappelle Fabienne Benech, en charge du projet à l’ADEME, qui juge « le secteur de l’hôtellerie en avance » dans ce domaine.

Un panel équitable d’hôtels indépendants et de chaîne

Outil de changement des pratiques de consommation touristique et support de communication vis-à-vis de la clientèle, l’affichage environnemental d’un hôtel porte sur les impacts d’une nuit à l’hôtel (petit-déjeuner inclus) selon quatre indicateurs : l’impact sur le climat, la consommation d’eau, celle des ressources non renouvelables et la part des produits bio et écolabellisés dans les approvisionnements de l’hôtel.

Le projet a aussi bien séduit les hôtels indépendants que les grands groupes. Disney, AccorHotels, Marriott, Best Western, Barrière, Okko Hôtels, Louvre Hotels et InterContinental Hotels ont en effet répondu à l’appel. « On ne pouvait passer à côté de cette démarche qui répond à notre stratégie environnementale forte », indique Loïc Larée, le directeur du Disney’s Hotel Cheyenne.

L’objectif de ce pré-déploiement est aussi de mobiliser des typologies d’hôtels différentes. Le panel est ainsi composé d’hôtels de catégories deux à cinq étoiles situés dans toute la France et plus particulièrement au sein de trois régions : Pays de la Loire, Ile-de-France et Grand Est. Avec un impact moyen de 10,5 kg d’émission de CO2 par nuitée, 42 hôtels ont aujourd’hui effectué leur premier audit. 12 % ont obtenu la note A, 28 % la note B, 35 % la note C, 16 % la note D et 9 % la note E.

Des économies allant jusqu’à 2 € par nuitée

Mais l’intérêt de la démarche réside essentiellement dans la mise en place d’un plan d’actions permettant à l’hôtelier de mesurer et d’optimiser sa performance environnementale et économique. Ces actions peuvent conduire les établissements à réduire jusqu’à 30 % leur impact environnemental et à diminuer de 0,50 € à 2 € par nuitée leurs coûts de fonctionnement.

Parmi les mesures "simples" à mettre en place figurent la modernisation du système d’éclairage, la récupération d’eau de pluie pour les espaces verts, l’utilisation de produits locaux ou de produits d’entretien écologiques et une meilleure maîtrise de la température dans les chambres.

D’ici 2020, la centaine d’établissements participant au projet aura mis en œuvre les actions d’amélioration identifiées lors du diagnostic et bénéficié de la mise à jour de leur étiquette. L’objectif final de ce pré-déploiement ? Valider la méthode en vue de déployer massivement la démarche auprès de l’ensemble du parc hôtelier français.

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