Climat : Pouvons-nous encore prendre l’avion?

Par Léon Le Guellec, journaliste

BL évolution publie un rapport sur les différents facteurs de l'impact climatique de l'aviation et les pistes de réduction de ses émissions.


Quelles mesures doit suivre l'aviation civile pour respecter l'Accord de Paris et aligner la France sur une trajectoire neutre en carbone ? Comment réinterroger notre rapport à l'aviation si nous souhaitons prendre au sérieux les engagements climatiques internationaux ? Est-il déjà trop tard ?


C’est ce qu'interroge l’enquête menée par le cabinet de conseil en transition écologique BL évolution dans sa récente étude « Climat : pouvons-nous (encore) prendre l'avion ? ». Elle présente plusieurs scénarios d'évolution envisagés à horizon 2030 et 2050 ainsi que des alternatives raisonnables aux trajets nationaux et européens.


Selon le cabinet de conseil, l’aviation civile, actuellement incompatible avec un avenir décarboné, doit se transformer rapidement et massivement. Conscients de cet enjeu, les acteurs du secteur envisagent un panel de solutions qui permettent de décarboner en partie le transport aérien, mais qui sont insuffisantes selon BL évolution.


«Continuer de croire dans la massification du transport aérien, c'est acter la défaite de nos politiques d'atténuation et cela nécessite de penser dès maintenant des mesures d'adaptation à un monde qui va devenir de plus en plus invivable. C’est encore évitable si la sobriété occupe une place sérieuse dans la transformation de ce secteur», affirme Charles Adrien Louis, co-gérant de BL évolution et co-auteur de l'étude.


Selon l'étude, des mesures de sobriété à l'aviation sont indispensables. En fonction de notre capacité à développer une aviation décarbonée, le nombre de passagers doit être divisé par deux d’ici 10 à 20 ans pour se laisser une chance de rester sous 2°C de réchauffement climatique.