La Fondation Nicolas Hulot propose son plan de relance écologique et social

Emilie Kovacs, fondatrice et rédactrice en chef d'Ekopo

A quelques jours de la présentation du Plan de Relance d'Emmanuel Macron, la fondation de l'ancien ministre de la transition écologique suggère un panel de solutions écologiques et sociales.


Face à la crise sanitaire, les 27 chefs d’Etat européens se sont accordés sur un plan de relance historique de 750 milliards d’euros. "Mais reste la question du projet : des milliards, pour quoi faire ? Quelle place occupe la transition écologique dans ces plans de relance ? Malgré les déclarations, rien n’est plus flou. Car si la transition écologique a été au coeur du débat politique, les milliards d’euros votés dans les lois de finance rectificatives successives ne donnent ni cap, ni mandat pour orienter clairement la société, en particulier les entreprises dont les aides n’ont pas été conditionnées, vers la transition écologique et les emplois locaux", s'interrogent Nicolas Hulot, ancien ministre de la transition écologique et solidaire et Alain Grandjean, président de la Fondation Nicolas Hulot (FNH) en préambule de leur rapport.


Pour pallier à ce flou politique, la FNH -apolitique et d'utilité publique depuis 1990- publie son plan de relance avec ses propres propositions de sortie de crise, en mettant l'accent sur des mesures écologiques et sociales concrètes. "Il n’y a qu’une écologie : celle que sous-tend un principe de réalité. Le temps est venu de s’imposer une exigence de résultats : mener dans les six prochains mois une politique qui nous mette enfin sur la trajectoire de l’Accord de Paris, qui protège enfin la biodiversité, qui inverse enfin la tendance de l’accroissement des inégalités, qui relocalise enfin les emplois durables dans nos territoires, qui protège enfin les citoyens", poursuivent les deux hommes.


Le plan de relance de la FNH met en avant cinq conditions cumulatives pour un plan de relance réussi :

  • Pérenniser les sommes investies dans la transition écologique au-delà de 2023.

  • Ne pas investir un seul euro dans des activités nocives pour l’environnement (agriculture de précision, infrastructures routières et aéroportuaires, EPR…).

  • Instaurer des contreparties au soutien public et notamment aux baisses des “impôts de production”.

  • Ne laisser personne de côté en mettant les moyens pour la formation.

  • Donner au Haut Conseil pour le climat la mission de tour de contrôle du plan de relance.

Pour la FNH, un objectif majeur est à tenir : relocaliser une partie de l’économie en faisant de la France le fer de lance du changement des règles du commerce international.

Selon la FNH, trois secteurs clés sont à réguler pour tenir les objectifs environnementaux :

  • Le secteur du bâtiment pour que la France tienne enfin ses objectifs de rénovation thermique.

  • Le secteur des transports pour sortir les énergies fossiles des déplacements de marchandises et de personnes.

  • L’agriculture pour que l’agroécologie et l’agriculture biologique deviennent la norme.