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Finance durable : le défi européen

Publié par le | Mis à jour le
Finance durable : le défi européen
© artjazz - stock.adobe.com

Début juillet, TNP Consultants et le CRSF (Cercle de Régulation et de la Supervision Financière) ont publié un livre blanc sur la finance durable. Ils y exposent les conclusions et difficultés à mettre en place une finance durable au niveau européen pour les acteurs du secteur financier.

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La finance durable représente un enjeu climatique certain. Mais les prérogatives à mettre en place sont complexes. C'est ce qu'a voulu mettre en avant TNP Consultants et le CRSF dans leur livre blanc. Même si la régulation européenne concernant le verdissement de l'économie progresse, les protocoles d'anticipation d'un risque financier lié à l'environnement sont difficilement applicables si laissé aux seuls acteurs financiers.

Au sein des directives envisagées apparaît le risque de durabilité, comme l'indique le livre blanc : " un événement ou une situation dans le domaine environnemental, social ou de la gouvernance qui, s'il survient, pourrait avoir une incidence négative importante, réelle ou potentielle, sur la valeur de l'investissement ". Or ce risque est complexe à identifier du fait de son caractère potentiel. Un autre point abordé est celui de l'impact négatif en matière de durabilité à cause d'un investissement. Ici, c'est l'approche inverse qui est mise en lumière, car les deux possibilités sont à prendre en compte.

Des données difficiles à récolter

Les données à analyser comme l'intensité carbone, la consommation d'énergie, n'ont de sens qu'au niveau de l'entreprise pour les auteurs du livre blanc. D'autant plus que ces données sont peu présentes au sein des entreprises elles-mêmes. L'AEMF (Autorité Européenne des Marchés Financiers) demande aux entreprises non financières de calculer trois indicateurs de leur transition durable : la proportion de chiffre d'affaires dit durable, les investissements réalisées dans des activités durables et les charges associées. En ce qui concerne les banques, un Ratio d'Actifs Verts (RAV) va être mis en place. Les actifs des banques sont un bon indice d'évolution du verdissement de l'économie, ce qui pourrait faire du RAV un indicateur clé. Pour la première fois, les banques devront fournir des données d'évaluation de leurs actifs d'événements naturels causés par la dégradation du climat, conséquence des activités humaines.

La récolte de ces données, encore partielle, permettrait, à terme, de fournir une transparence nécessaire du secteur financier et de calculer des besoins en fonds propres pour couvrir un risque ESG (Environnement Social et Gouvernance). Cette ambition sera logiquement comblée d'ici 2025 selon les acteurs du secteur. Cette quantité astronomiques de données reste à charge du travail des banques, alors que chaque entreprise aurait pu fournir et évaluer ses propres risques. Selon TNP Consultants et le CRSF, ces données, une fois récoltées, seront complexes à interpréter. Les banques interrogées ont évalué la difficulté de récupérer ses données à 9,6 sur une échelle de 10. D'autres acteurs bancaires ont insufflé l'idée d'un besoin de créer une base de données européenne du caractère durable des activités des entreprises avec un processus de certification européen de ces dites données.

Un déséquilibre entre régulation européenne et reste du monde

L'avancée en termes de développement d'une finance durable n'est pas égale à l'échelle du globe. Si l'Europe semble être en avance sur le sujet, d'autres blocs continentaux restent en amont de ce développement. Ce qui entraînerait une asymétrie de la concurrence, tandis que les exigences européennes seraient durcies. " Le risque que l'Europe fasse cavalier seul en matière de régulation de la finance durable est donc très élevé ", pour les auteurs du livre blanc.

Alors que le risque climatique est mondial, l'investissement de tous devrait converger vers un consensus de régulation financière pour tendre vers une finance durable mondiale. Même si le G20 s'est saisi du sujet, ainsi que le Groupe de réflexion des banques centrales pour le verdissement du système financier, la présidence du groupe de travail sur la finance durable ne revient pas à l'Europe. Cette dernière a été confiée précédemment à la Chine et aux Etats-Unis, qui ne sont peut-être pas prêts à " imposer le même niveau d'exigence qu'en Europe ", selon TNP Consultants.

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