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L'Occitane mise sur l'agroécologie

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L'Occitane mise sur l'agroécologie

Le groupe de cosmétiques français compte bien initier un changement de pratiques.

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L'Occitane s'engage dans une transformation agricole d'ampleur dans ses différentes exploitations en Provence, au Burkina Faso et en Corse. Le groupe français de cosmétiques fondé en 1976 soutient et développe l'agroécologie au sein du service "Biodiversité et filières durables" qui compte neuf agronomes.

Objectifs : sécuriser les ingrédients dont le groupe dépend pour sa production, soit près de 70 espèces végétales et garantir leur traçabilité grâce à un soutien logistique et de développement auprès des agriculteurs concernés. Le groupe a ainsi initié un collectif agroécologie et commerce équitable pour encourager l'agriculture régénératrice en Méditerranée qui regroupe une quinzaine de producteurs.

Nourrir pour mieux produire

De nouvelles pratiques émergent afin de repenser le mode de production des entreprises dépendantes de l'agriculture. Des techniques comme les couverts végétaux, les concurrences entre les espèces végétales ou l'agroforesterie permettrait un meilleur rendement et surtout une sécurisation de l'activité pour les exploitants comme pour les entreprises dépendantes de cette production.

Philippe Mary, agriculteur biologique depuis 10 ans et partenaire de l'Occitane, témoigne : " Le bio c'est bien mais il y a plein d'autres choses à développer pour la protection de l'environnement. Un des agronomes de L'Occitane nous a soumis plusieurs idées et techniques pour faire évoluer nos pratiques de la manière la plus écoresponsable possible. Nous ne sommes qu'au début. "

Les constats et les recherches en agroécologie réalisés avec le soutien du groupe L'Occitane permettent de trouver des solutions concrètes à cette transition agricole. " Tout est en open source, le projet est soutenu par l'Occitane, mais aussi d'autres acteurs comme des laboratoires montpelliérains et d'autres experts ", précise un agronome du groupe.

L'agriculture régénératrice est un sujet complexe, c'est sur ce point qu'Adrien Geiger, directeur de développement du groupe de cosmétique insiste : " On parle d'écosystème avec plusieurs parties prenantes qu'il faut faire correspondre entre elles, sans réaliser d'impacts négatifs. En créant des collectifs, l'enjeu c'est aussi de diffuser ce que l'on développe ".

L'agroécologie est une agriculture régénératrice des sols. L'idée n'est plus de nourrir les plantes mais de nourrir les sols qui naturellement fourniront les nutriments nécessaires aux plantes. " L'Occitane nous a apporté des techniques et des compétences, pour redonner de la vie au sol ainsi que sa fertilité. Le groupe nous a aidé a financer certaines installations, mais nous manquons encore de matériels. Un tracteur recouvreur pour les sols c'est par exemple près de 25 000 euros, en tant qu'agriculteur, nous ne pouvons pas investir à ce point ", nuance Philippe Mary.

Une transition agricole à financer par le collectif

Cette transition a en effet un coût. C'est pour cela que le groupe de cosmétiques a initié la construction d'un collectif qu'il souhaite faire grandir. " Il faut trouver une stratégie équitable, les agriculteurs n'ont pas a assumer seuls ce coût. ", explique Jean-Charles Lhommet. Le groupe L'Occitane a pour but de rejoindre des collectifs plus importants tel que OP2B, One Planet Business for Biodiversity, qui est un collectif international spécialisé dans la recherche et le développement en agriculture et biodiversité fondé en 2019.

Florence Jeantet, directrice exécutive de la coalition OP2B admet ne pas avoir pour le moment la solution du financement. Selon elle : " La première chose c'est de ré-allouer les subventions ". Le mélange d'argent public et privé pourrait financer cette transition. " Il faudrait créer des fonds de transition où il pourrait y avoir de l'argent public mais aussi des investisseurs privés qui financeraient des projets de transformations avec un retour sur investissement ", explique la directrice de OP2B.

" Si dans l'évaluation des entreprises qui sont dépendantes de l'agriculture, le risque sur l'agriculture est reportée dans l'évaluation qu'en font les investisseurs, la cote des entreprises étant indexée sur ces risques là, les discussions changeront. Parce que les investisseurs favoriseront les entreprises qui seront dans une démarche de transformation ", ajoute Florence Jeantet.

Les entreprises font parties de la solution mais ne peuvent pas agir seules. Pour Raphaëlle Archambeaud, directrice RSE du groupe L'Occitane, l'entreprise a une responsabilité vis-à-vis de la nature et de la biodiversité dont elle dépend. Elle précise : "Pour devenir régénérateur et non seulement producteur, nous devons mettre en place des innovations et des nouvelles organisations internes pour réduire notre impact et faire partie de la solution ".


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