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Électroménager : comment encourager le consommateur à l'efficacité énergétique

Publié par le - mis à jour à
L'usage quotidien de l'électroménager engendre des consommations d'énergie significatives. Shutterstock
L'usage quotidien de l'électroménager engendre des consommations d'énergie significatives. Shutterstock

L'usage quotidien de l'électroménager, notamment, engendre des consommations significatives, en particulier lorsque les équipements sont peu performants ou inadaptés aux besoins réels des ménages.

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Premier poste de dépense d'énergie, le logement représente 52 % du budget énergétique moyen par foyer, selon des données de l'Ademe rendues publiques en décembre 2020. L'usage quotidien de l'électroménager, notamment, engendre des consommations significatives, en particulier lorsque les équipements sont peu performants ou inadaptés aux besoins réels des ménages.

Les consommateurs en sont pourtant rarement conscients et peinent à hiérarchiser les sources de surconsommation. Ils n'ignorent généralement pas qu'un réfrigérateur exige plus d'électricité à l'année qu'un lave-linge, mais ils ne perçoivent pas ce qui caractérise l'ensemble de leur utilisation domestique, tous appareils confondus.

Ceci conduit à des surconsommations et à des pertes évitables, surtout lorsque l'on sait, à travers l'étude menée par Ipsos pour la filière DEEE (déchets d'équipements électriques et électroniques), qu'un foyer accumule en moyenne une centaine d'appareils électriques et électroniques.

La valeur énergétique consommée ne se reflète alors qu'à travers la facture d'énergie du foyer qui représenterait jusqu'à 10 % du budget global des ménages (ce dernier pouvant inclure les dépenses alimentaires, de transport, de loisir, etc.).

Améliorer l'efficacité énergétique chez soi et mieux choisir ses équipements en fonction de ses besoins permet non seulement de réduire sa facture énergétique, mais aussi de restreindre son impact écologique tout en encourageant les fabricants d'appareils à s'engager dans la transition.

Encore faut-il sauter le pas...

Quand le changement est porté par les consommateurs

La tendance à la hausse de l'équipement des consommateurs en électroménager est notamment due à la multiplication d'appareils à durée de vie limitée voués au remplacement. Or celle-ci peut difficilement être vue comme durable compte tenu des urgences climatiques et écologiques actuelles.

Dans cette optique, l'implication des ménages dans la transition écologique peut représenter l'une des clés du changement. En effet, ils peuvent d'abord agir en augmentant la durée de vie de leurs appareils avec des écogestes souvent simples, mais également avec leur pouvoir d'achat en optant pour les modèles d'électroménager qui permettent de réduire significativement la consommation énergétique. Les marges de progrès sont encore élevées, notamment en France.

Les Français freinés par le prix

Diverses études, synthétisées dans le cadre du projet Mecaperf montrent que les Français achètent encore peu d'appareils de la meilleure classe énergétique malgré leur bonne volonté affichée. La demande reste faible et dépasse à peine les 10 % en France, contre plus de 20 % dans des pays voisins comme l'Allemagne, l'Italie ou l'Autriche.

La principale raison de cet écart serait le prix, jugé trop haut en comparaison à ces modèles moins performants et moins écologiques... Or, ce prix plus élevé peut en réalité souvent être amorti sur la durée de vie du produit, grâce aux économies sur la facture énergétique si les appareils sont bien dimensionnés et optimisés, et leurs usagers bien informés.

Le manque d'information, un obstacle à l'achat

L'une des clés de voûte de l'efficacité énergétique dans les foyers est l'information transmise aux consommateurs. Il a été montré que les personnes qui ont le moins de connaissances en la matière sont les moins disposées à aller vers les appareils performants. Augmenter le niveau de savoir des usagers peut les aider à faire des choix plus informés et judicieux.

La mise en place de l'étiquette énergétique par l'Union européenne depuis plus de 25 ans a été, dans ce sens, un vrai soutien aux consommateurs pour les guider dans leurs choix. Elle leur permet de comparer les capacités des modèles en affichant des informations utiles et facilement identifiables sur une échelle de A (meilleur) à G (moins bon).

Toutefois, le manque d'actualisation des échelles de performance a, au fil des années, questionné la lisibilité des classifications (avec des étiquettes pour certains produits où tous les modèles sur le marché obtenaient des classes A+, A++ ou A+++).

Nouvelle étiquette, aide ou source de confusions ?

Pour pallier cela et remettre à niveau les informations aux consommateurs, une nouvelle étiquette énergétique est entrée en vigueur en mars 2021 avec comme principales évolutions : le retour à une échelle de performance énergétique plus stricte de A à G, l'absence de modèles dans la classe A (et parfois B) au moment du lancement et l'apparition d'un QR code permettant aux consommateurs d'accéder à des informations complémentaires.

Les consommateurs peuvent donc s'appuyer sur ces nouvelles informations qui doivent obligatoirement apparaître sur les étiquettes des réfrigérateurs, congélateurs, lave-linge, machines lavantes-séchantes, lave-vaisselle, caves à vin et écrans.

Ces récentes modifications peuvent toutefois créer une confusion temporaire chez les consommateurs habitués aux anciennes classifications et qui ne connaissent pas nécessairement bien les autres critères techniques à prendre en considération pour s'assurer d'un achat réellement performant.

Pour l'association ecoconso, les consommateurs devront s'accoutumer à ce qu'un appareil très performant soit classé au départ B, C ou même D sur les nouvelles étiquettes.

Une partie de la solution dans la distribution

Selon la synthèse effectuée dans le cadre du projet Mecaperf, 55 % des consommateurs achètent leurs appareils ménagers dans la grande distribution, ce qui place les distributeurs en première ligne.

Il leur incombe de jouer un rôle d'accompagnateur vers la transition énergétique au sein des foyers, en aidant par exemple à lever la confusion des acheteurs pour qu'ils s'approprient l'étiquette énergétique et en les orientant vers les appareils les plus performants.

Ils peuvent se reposer sur les différents points de contact entre consommateurs et distributeurs (affichage, vendeur, chatbot, etc.), mais pour bien informer les premiers, il est nécessaire qu'ils soient eux-mêmes impliqués et organisés dans des stratégies responsables en faveur de la transition énergétique.

The Conversation




Article publié en partenariat avec The Conversation.

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