300 solutions du #NoPlasticChallenge 2020

Par Louise Cartier, journaliste

L’association No Plastic In My Sea publie le premier benchmark des solutions à la pollution plastique et micro plastique, à l’occasion du #NoPlasticChallenge.


Depuis le 18 septembre et jusqu'au 2 octobre, le troisième #NoPlasticChallenge invite les consommateurs, entreprises, clubs de sports, établissements scolaires et collectivités à prendre conscience des enjeux et à revenir à un usage plus raisonné du plastique. Organisé par l'association No Plastic In my Sea, le challenge est l’occasion de découvrir 15 choix de consommation alternatifs pendant 15 jours.


En parallèle, l'association publie un benchmark des solutions qui recense les offres et solutions croissantes permettant de réduire la pollution plastique à la source. Le but : revenir à un usage raisonné du plastique et rompre avec l’usage unique, le suremballage et des produits alliant faible valeur ajoutée et impact négatif sur l’environnement. 


Ce benchmark permet aussi de faire connaître les entreprises et acteurs qui inventent de nouveaux modèles (éco-innovation, réduction, réemploi, « Do it yourself » en kit..) et challengent les codes actuels des produits issus de la grande consommation. Il montre également une forte dynamique entrepreneuriale dans ce sens.


7 tendances majeures se dégagent du benchmark : 


- La valorisation de l’eau du robinet et le développement de produits destinés à lever les freins à la consommation, à renforcer le plaisir, à faciliter le nomadisme et l’accès à l’eau.Machines à gazéifier, gourdes, solutions de filtration et fontaines se développent et accompagnent un mouvement de mise à distance de l’eau en bouteille, surconsommée en France alors que la qualité de l’eau du robinet est très élevée. Pour mémoire, les bouteilles plastique constituent le premier déchet plastique à usage unique retrouvé sur les plages européennes.


- Des solutions prêtes à l’emploi, qui facilitent l’adoption de pratiques « Do It Yourself » et s’appuient massivement sur l’eau du robinet. Elles permettent de réaliser des sodas, des boissons, du gel douche, des produits ménagers et de la lessive. Compactes, elles réduisent l’emballage, les coûts de stockage et l’impact carbone lié au transport de nombreux produits liquides de la grande consommation.


- L’usage multiple versus l’usage unique. Le réemploi des dizaines et centaines de fois de contenants aujourd'hui à usage unique est l’une des pistes majeures pour réduire la pollution plastique et globalement les impacts liés au volume de déchets générés. Ce réemploi s’appuie sur des démarches personnelles de consommateurs mais également sur des systèmes de consigne (notamment pour la vente à emporter et les boissons) et sur des concepts de recharge ou « refill ». En B to B,  des initiatives permettent également le réemploi, notamment pour les parties logistique et e-commerce (colis réutilsables).


- Le vrac connaît un développement important en France et étend ses gammes à de nombreux produits liquides. Il se répand dans le monde entier et adopte les services rendus par la distribution classique : livraison, drive, abonnement etc. L’emballage représentant 45% du plastique utilisé en France, le vrac offre une voie majeure de réduction à la source de la pollution plastique.

- Les produits d’hygiène misent de plus en plus sur des formules simples et des formats solides pour tout type de produits (savon, shampoing, dentifrice, produit vaisselle) et pour l’hygiène féminine, sur des solutions lavables. Ces tendances sortent d’un marché de niche, s’inscrivent dans la durée et les produits rejoignent les linéaires de la grande distribution.

- L’écoconception se développe et intègre la réduction matière, au-delà de l’allègement de l’emballage, et le réemploi, en sus des enjeux de recyclabilité et d’incorporation de matière recyclée. La substitution du plastique par d’autres matériaux donne par ailleurs lieu à de nombreuses innovations, notamment par les acteurs du secteur papier/carton.

- Des solutions encore balbutiantes restent à développer face à des sources de pollution plastique majeures et moins connues les micro plastiques, les filets de pêche et les mégots.


Pour réaliser le benchmark, un travail de référencement s’est appuyé sur des sources françaises et étrangères, des articles référençant des innovations, des documents d’autres associations, des informations diffusées sur des salons et les plateformes de crowdfunding. Il comporte des solutions « low tech » et « tech » et porte majoritairement sur des produits de grande consommation, même si quelques solutions BtoB sont inclues.