Belong propose un indice de durabilité depuis 2019

Publié par Philippe Lesaffre le - mis à jour à
Janko Ferlic (unplash)
Janko Ferlic (unplash)

Belong ne propose à la vente que des électroménagers fiables et durables. En tout cas, c'est son engagement depuis plusieurs années.

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L'indice de durabilité devrait voir le jour en 2024. Prévu par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire promulguée le 10 février 2020, celui-ci devrait remplacer l'indice de réparabilité, qu'on retrouve sur certaines familles de produits en vente depuis près de deux ans.

Benoît Delporte, cofondateur de Belong, est l'un de ses plus grands partisans depuis plusieurs années. Sur le site de vente de son entreprise, son équipe ne propose que des électroménagers non concernés par l'obsolescence accélérée. Pour en être certaine, sa société a mis en place, dès 2019, son propre indice de durabilité et ne référence que des machines à laver ou des fours dont le score dépasse les 80 points. L'important, c'est que les machines vendues durent dans le temps. Et afin de le vérifier, chaque bien est évalué sur plusieurs critères.

D'abord le taux de panne (30 points) et la disponibilité des pièces détachées (20 points). « Celle-ci est importante, car elle détermine l'engagement des marques ». Belong teste également la fiabilité des produits (20 points au maximum) et réserve jusqu'à 30 points à l'évaluation des consommateurs. À noter que le classement est effectué par catégories de produits et non par marques. Ce qui serait injuste, vu que certains biens sont de facto plus durables, dans la mesure où ils sont en moyenne moins utilisés. Par exemple un four, en comparaison à un lave-vaisselle.

Belong, sur son site, dévoile la liste des appareils les plus durables visant à guider les citoyens à faire leur choix. On découvre, dans le classement, des noms de sociétés « en test ». En effet, les nouveaux produits peuvent tout à fait être référencés sans indice. « On a besoin d'un peu de temps pour évaluer le score exact, tout est basé sur l'historique... »


Une évolution positive

Belong s'assure auprès des marques de la durabilité de leurs appareils : « On demande par exemple le taux de panne de tel ou tel produit, on se renseigne notamment sur les avis des consommateurs sur les réseaux sociaux ou les forums. » L'occasion de sensibiliser et de batailler contre l'obsolescence programmée.

Néanmoins, Benoît Delporte le constate, « l'évolution est plutôt positive, et les biens sont plus réparables qu'auparavant ». Les acteurs de la réparabilité, comme Murphy, se font davantage connaître, et des initiatives, ici ou là, jouent également. À l'instar de la sortie du baromètre du SAV Darty, visant à informer sur la fiabilité et la réparabilité d'un produit avant achat. La 5e édition de la publication de Fnac Darty, leader de la réparation en France, est parue en 2022. Autant d'actions qui poussent les marques à s'engager davantage au niveau de la conception de leurs produits. Mais aussi à promouvoir une économie moins linéaire. Et Benoît Delporte, membre avec son entreprise du club de la durabilité au sein de l'association Hop - avec d'autres acteurs mobilisés -, s'en félicite. Lui constate bien « l'avance de la France par rapport à ses voisins à ce sujet ». Pour autant, tout n'est pas joué, il le sait. Il faut encore inciter le plus grand nombre de professionnels à bifurquer, notamment sur la consommation de déchets et l'écoconception des biens.

Encourager à réparer

« Il faut moins acheter, mais mieux », indique-t-il. Mais aussi accompagner les uns et les autres pour qu'il y ait plus de réparations. 25 000 appareils (de toutes les tailles) sont en panne chaque année, selon l'Adème. Belong, par exemple, a noué un partenariat avec Spareka pour donner envie à plus de monde de sortir les outils et de réparer soi-même, quand c'est possible, les biens défectueux. En particulier les gros appareils, les électroménagers. Avec, pourquoi pas, une aide technique en visio, pour réussir son coup.

Souvent, il ne suffit pas de grand-chose - quatre fois sur 10, un bien est défectueux car il a mal été entretenu, par exemple. En tout cas, cela peut être utile de s'y mettre, car il est vrai qu'en fonction de certains appareils, il manque des réparateurs - « et ils ne sont pas toujours bien identifiables » loin des grandes métropoles.

En tout cas, pour que les citoyens puissent sauter le pas, on peut également les encourager financièrement. Utile quand on sait que « si le coût de la réparation dépasse les 30 % du prix de vente de départ de l'appareil, il y a de fortes chances, observe Benoît Delporte, que le produit soit plutôt mis de côté et qu'un autre soit acheté ». L'exécutif, à ce titre, a souhaité apporter un petit coup de pouce. Les Français peuvent désormais bénéficier d'un bonus entre 10 et 45 euros s'ils font réparer leurs biens électriques et électroniques.

 
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