Une charte pour lutter contre l'opacité des géants du prêt-à-porter


Une coalition internationale de plusieurs ONG demande à 72 acteurs majeurs des industries du vêtements et de la chaussure à s'engager pour plus de transparence sur leurs processus de fabrication.

Si le prêt-à-porter n'est plus le cancre qui roupille au fond de la classe pendant les cours de développement durable, l'industrie - qui rien qu'en France pèse 150 milliards d’euros de chiffre d'affaires direct selon l'Institut français de la mode- manque encore cruellement de transparence sur qui fait quoi et où dans ses processus de production. Pour obliger les multinationales du vêtement à rendre publiques l'identité, le nombre d'employés et la liste des produits de leurs usines de production et de fabrication, une coalition de neuf organisations internationales(1) sollicite leur engagement formel à une meilleure transparence. En signant le "Transparency Pledge", les 72 géants contactés par la coalition "peuvent booster l'image et la réputation de leurs marques sans heurter leur compétitivité", assure la coalition. Elle a publié les résultats dans un rapport de 40 pages intitulé “Follow the Thread". Quels sont les bons élèves ? Patagonia, H&M, Levi’s, Adidas et C&A, Gap, Marks & Spencer et Tesco. Columbia Sportswear, Disney, New Balance, Under Armour peuvent mieux faire. Hugo Boss, MANGO, Forever 21, Primark, American Eagle Outfitters et Armani ont eux refusé tout engagement.

En terminer avec les abus et l'opacité

Quatre ans après l'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh (1100 morts), immeuble qui abritait plusieurs ateliers de confection travaillant pour diverses marques internationales de vêtements, le "Transparency Pledge" veut changer la culture d'opacité du prêt-à-porter sur leurs sites manufacturiers. "Un niveau basique de transparence sur la supply chain devrait déjà être la norme. En rendant publiques ces informations sur son site internet, chaque société montre qu'elle veut en terminer avec les abus et améliorer les droits sociaux et humains de ceux qui travaillent pour elle", commente Aruna Kashyap, senior counsel chez Human Rights Watch, une des ONG de la coalition. Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale, Sharan Burrow soutient l'initiative: "Dans la chaine logistique et de production, 94% de la force de travail de l'industrie est cachée. Nous appelons donc les principaux acteurs du secteur à s'engager pour améliorer les conditions de travail dans toutes les opérations de leur processus de fabrication."

(1) Clean Clothes Campaign, Human Rights Watch, IndustriALL Global Union, the International Corporate Accountability Roundtable, the International Labor Rights Forum, the International Trade Union Confederation, the Maquila Solidarity Network, UNI Global Union, et the Worker Rights Consortium.

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