Le MSC accélère ses actions pour une pêche durable

Par Emilie Kovacs, fondatrice et rédactrice en chef d'EKOPO

L’ONG à but non lucratif lutte contre la surpêche et soutient les initiatives de pêche durable pour mieux protéger l’écosystème des océans. Elle vient de consacrer un partie de son fonds d'appui dans l'aide à 15 projets internationaux.



700 000 euros. C'est le montant que le Marine Stewardship Council (MSC) a choisi d'investir dans quinze projets mondiaux. L’ONG à but non lucratif lutte contre la surpêche et soutient les initiatives de pêche durable pour mieux protéger l’écosystème des océans. « Le MSC accompagne des pêcheries, ONG, et instituts de recherche à travers le monde pour les aider à mieux comprendre la biodiversité marine, mieux protéger les espèces qui composent nos océans, et garantir des moyens de subsistance pour tous. C’est dans cette mobilisation collective que vient s’inscrire notre valeur ajoutée », explique Jean-Charles Pentecouteau, directeur France au Marine Stewardship Council France (MSC).


La somme provient de son propre fonds d’appui baptisé l’« Ocean Stewardship Council » (OSF). Doté de plus de 2 millions d’euros, il favorise l’émergence de nouvelles initiatives pour répondre aux besoins des pêcheurs, chercheurs, gouvernements, ONG, et entreprises à l’échelle mondiale engagés dans une démarche vertueuse. Il permet au MSC de renforcer ses missions pour atteindre l’ODD 14 des Nations Unies. « Les moyens financiers, de gouvernance, et la connaissance scientifique manquent souvent pour accélérer la transition vers la pêche durable. C’est pourquoi au-delà de notre programme de certification, nous avons créé avec un Fonds d’Appui pour apporter notre contribution à des projets de recherche en faveur de la préservation des océans », poursuit Jean-Charles Pentecouteau.


Voici les 15 projets subventionnés par l’OSF, le fonds d’appui du MSC composé de trois volets (un pour la science et la recherche, un pour l'aide à la transition et un pour l'aide à la recertification) :

Fonds pour la Science et la Recherche, qui vise des projets de recherche dans les pêcheries certifiées pour encourager toujours plus l’acquisition de connaissances scientifiques et savoir-faires indispensables à la préservation des océans:


Fonds d’Aide à la Transition, soutient les pêcheries artisanales et des pays en voie de développement dans leurs améliorations de pratiques vers la durabilité :


Fonds d’Aide à la Recertification, qui encourage les pêcheries à poursuivre leur engagement vers la durabilité :




Zoom sur le projet de recherche français


Cette année, l’ONG octroie 30 525 euros de son Fonds pour la Science et la Recherche (la branche de l’OSF dédiée à la recherche) à un projet français porté par la Fondation d’Entreprises des Mers Australes à la Réunion, en collaboration avec le Muséum National d’Histoire Naturelle et les Terres australes et antarctiques françaises.


Ce projet de thèse consiste, sur une période de trois ans (de 2020 à 2023), à évaluer le degré de vulnérabilité des raies capturées accidentellement par la pêcherie palangrière de légine dans les îles de Kerguelen et Crozet.

Les connaissances biologiques acquises sur ces raies via ce projet de thèse permettront d’élaborer des solutions pour que la pêcherie limite ses prises accidentelles sur ces populations de raies (actuellement estimée à 5%), et de favoriser la durabilité de ces espèces marines à terme.

« Les fonds nous permettront d’investir dans la recherche et les expérimentations scientifiques qui serviront à développer une gestion écosystémique de la pêcherie de légine. Cela nous permettra d’acquérir des connaissances solides sur la biodiversité marine, de mieux préserver nos océans et de renforcer notre démarche durable », précise Delphine Ciolek, secrétaire générale de la Fondation d’Entreprises des Mers Australes. « Les océans restent encore aujourd’hui des mondes mystérieux qui nécessitent qu’on s’intéresse de près à leurs écosystèmes, avec les expertises des scientifiques complétées par le savoir empirique et de terrain des pêcheurs », poursuit-elle.

Ce projet sera enrichi par des collaborations avec des équipes scientifiques de la CCAMLR (Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique).