Découvrez bourseinside.fr, le 1er site dédié aux entreprises cotées !

Recherche
Je m'abonne

Mycotopia : utiliser le champignon comme recycleur naturel

Publié par le | Mis à jour le
Mycotopia : utiliser le champignon comme recycleur naturel

Récompensée par la fondation du Crédit Coopératif, l'association Mycotopia s'intéresse à l'utilisation du champignon comme matière alternative naturelle. Ayant une vocation de vulgarisation, Mycotopia souhaite aussi faire connaître les propriétés de recycleur naturel du monde fongique.

Je m'abonne
  • Imprimer

Mycotopia est une association marseillaise fondée en 2019 par trois passionnés des champignons et des alternatives positives. Les trois compagnons ont découvert qu'en France, le monde fongique ainsi que ses possibilités sont peu connus.

En s'inspirant des recherches menées aux Etats-Unis, Guislain et ses deux acolytes ont mis en place une technique pour créer de la matière à partir du processus de pousse des champignons, des "mycomatériaux", le tout en revalorisant les déchets agricoles, ou biomasse, locale. Objectif : créer ainsi une véritable économie circulaire locale, sans perte et avec une revalorisation de ces " déchets " agricoles.

Leur activité première est la production de champignons comestibles, avec la volonté de produire différentes variétés dont certaines peu connues. Les drêches de brasserie sont principalement utilisés comme support de pousse pour les champignons comestibles.

Création et assimilation

La partie visible du champignon ne correspond qu'à l'organe reproducteur de l'organisme. En souterrain, le mycélium est cette fameuse matière qui pourrait venir remplacer le plastique ou le polystyrène dans certains usages et devenir un matériau de construction.

" Autour de Marseille, il y a beaucoup de matière agricole disponible, comme la paille de riz de Camargue ou de la sciure de bois d'ateliers. Alliée au mycélium, cela permet de digérer cette biomasse qui était destinée à être brûlée, pour la revaloriser et la réintégrer dans les sols ", explique Guislain avant d'ajouter que " cela permet également des créer des mycomatériaux, grâce à cette matière agricole consommée ".

Cette auto-alimentation de matière concrétise l'élaboration d'une économie circulaire viable et un potentiel de compétences agricoles encore méconnu.

Sensibiliser au champignon

En plus d'un volet d'innovation, Mycotopia a pour objectif d'informer et de sensibiliser sur le monde fongique pour faire profiter des propriétés de ces espèces encore peu connues, en comparaison des espèces végétales. " On s'est rendu compte qu'il y avait une méconnaissance du monde fongique et parfois une forme de peur avec une association avec la moisissure. On a développé un volet de sensibilisation, d'éducation sur la pousse du champignon, sa consommation, ses effets, etc... ", détaille Guislain.

Le public visé : les enfants, avec des ateliers dans des collèges et bientôt dans des lycées, mais aussi les agriculteurs : " Le mycélium est la partie la plus importante parce qu'elle va dégrader la matière organique et collecter des nutriments. Ce qui peut être un atout pour les agriculteurs en réintégrant cette matière enrichie dans les sols, pour les structurer et en améliorer la qualité en ayant des impacts positifs sur leurs exploitations ".

L'association étant récente, ce volet pédagogique est en construction, mais la volonté d'allier champignons et agriculture est un souhait des fondateurs : " On voudrait travailler directement avec les agriculteurs pour leur proposer des associations de cultures avec des champignons pour optimiser leurs exploitations et leur montrer l'importance pour eux de la revalorisation de cette biomasse agricole ", indique le fondateur de Mycotopia.

Le champs des possibles est aussi vaste que le manque de connaissances des propriétés de chaque espèce de champignons : " En mycologie, il y a clairement un manque de connaissances. Chaque espèce à sa spécificité et ses apports naturels. Il y a des enjeux alimentaires mais aussi d'innovations pour créer des matériaux encore plus légers ou résistants selon l'espèce de champignons utilisée ", insiste Guislain.


Je m'abonne

NEWSLETTER | Abonnez-vous pour recevoir nos meilleurs articles

La rédaction vous recommande