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La longue route des entreprises pour faire de la mobilité verte la norme ...

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La longue route des entreprises pour faire de la mobilité verte la norme ...

Dans la transition vers les voitures plus "vertes" plusieurs sujets sont interconnectés : la question budgétaire, les véhicules électriques et hybrides peuvent être plus chers à l'achat, mais aussi le changement dans le facility management : bornes de recharge pour les salariés, hausse non négligeable de la consommation d'énenergie.

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Si les initiatives visant à réduire l'empreinte carbone sont de plus en plébiscitées, tant par les salariés que par les entreprises, la mise en place et la généralisation d'une " mobilité verte " en France pose encore quelques challenges à relever aux entreprises.

Un cadre légal qui se durcit pour inciter les entreprises à adopter les mobilités vertes

Les gouvernements européens sont au centre de la transition écologique, avec des lois et des normes de plus en plus contraignantes en ce qui concerne l'utilisation d'énergies non renouvelables. En France, la Loi d'Orientation des Mobilités impose des quotas de véhicules à faibles émissions pour les entreprises avec plus de 100 véhicules légers. Le secteur privé devra ainsi s'adapter à un calendrier évolutif dont l'objectif est d'atteindre au moins 50% du renouvellement des véhicules en véhicules électriques ou hybrides d'ici 2030. C'est pourquoi, à partir de 2022, les entreprises dont le parc comporte plus de 100 véhicules devront progressivement intégrer une part de plus en plus importante de véhicules à faibles émissions dans leur flotte automobile. Cette loi est accompagnée de dispositifs de soutien aux entreprises souhaitant transformer leur parc automobile, et il est très probable que le gouvernement vote davantage de lois à ce sujet pour inciter les industriels à effectuer cette transition.

Une transition qui doit pourtant faire face à un paradoxe ...

Pourtant, les voitures qui fonctionnent à l'électricité continuent d'avoir une empreinte carbone assez élevée, notamment en raison de l'utilisation de batteries et des processus de fabrication industriels très énergivores, soit deux activités très polluantes... L'avantage des voitures électriques au niveau de l'impact environnemental apparaît sur le moyen et le long terme, car la fabrication du véhicule nécessite une consommation très conséquente d'énergie. Les véhicules électriques consomment deux fois plus d'énergie pour leur fabrication que les véhicules thermiques ; de ce fait, leur empreinte carbone sera plus basse sur le moyen et long terme puisqu'ils peuvent se passer des énergies fossiles. Néanmoins, au moment de sortir de l'usine, une voiture électrique aura une empreinte carbone plus élevée. La question de la batterie est souvent évoquée aussi, car elle contient des métaux parfois rares, comme le néodyme ou le cobalt, ainsi que du graphite et du lithium, provenant notamment de Chine, de La République Démocratique du Congo et de L'Amérique du Sud. De plus, l'assemblage des batteries est également une activité très polluante puisque les matériaux sont préparés dans des fours à 400 °C, ce qui engendre une consommation d'énergie relativement importante. Résultat, la fabrication d'un véhicule électrique est très énergivore par rapport aux véhicules thermiques d'aujourd'hui.

... Et viser les résultats de réduction d'émissions des GES à moyen - long terme

En revanche, une fois que la voiture électrique est en circulation, l'impact environnemental de celle-ci se réduit drastiquement : à puissance équivalente, sur l'ensemble de leur cycle de vie, les émissions des gaz à effet de serre des véhicules électriques représentent une réduction d'entre 25 % et 50 % de celles d'un véhicule thermique, ce qui n'est pas négligeable. Une bonne gestion du parc automobile de l'entreprise et un respect du cycle de vie des voitures électriques représentent donc un pas important vers la réduction de la pollution du poste mobilités, surtout si cette gestion est accompagnée d'une bonne stratégie de revente / recyclage des voitures usagées.

La R&D comme clés de la réussite pour démocratiser la mobilité de demain

La transformation de la flotte automobile est une réalité inéluctable pour les entreprises françaises, avec les contraintes légales et les subventions de l'État comme vecteurs dudit changement. Néanmoins, actuellement les voitures électriques présentent quelques problèmes d'envergure pour devenir la panacée du monde de demain. Le prix du véhicule à l'achat reste élevé par rapport aux voitures thermiques, et les processus de production et les composants utilisés sont encore très polluants. En revanche, cette situation ne fera qu'évoluer dans le bon sens, avec la recherche et le développement de technologies alternatives qui auront un impact positif sur la réduction de l'empreinte carbone et le prix des voitures.

Nous sommes au début d'un projet de transformation des mobilités qui ne sera abouti que dans quelques années, voire une décennie. Or, la volonté des citoyens et des politiciens pour entamer cette longue route est acquise depuis longtemps. La volonté des entreprises et des salariés ainsi que les incitations gouvernementales devraient servir de catalyseur dans le développement technologique nécessaire pour une flotte automobile responsable et verte en France.

Par Chloé Monthieu, experte flotte véhicules & mobilités au sein du Groupe EPSA, accompagne les entreprises dans la définition d'une stratégie globale achats pour la mobilité, ainsi que la gestion du budget et les échanges stratégiques avec les fournisseurs.

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